Auteur/autrice : le-bureau

  • Est-ce que Les Chaudières, c’est pour moi ?

    Est-ce que Les Chaudières, c’est pour moi ?

    des legos de toute les couleurs formant le drapeau LGBTQIA+
    Photo by James A. Molnar on Unsplash

    Peut-être que tu viens de tomber sur nous par hasard. Peut-être qu’on t’a été recommandé·e. Peut-être que tu te demandes si un espace comme le nôtre, c’est vraiment fait pour toi. Que tu sois un mec cis* qui se questionne, une personne queer qui hésite, ou quelqu’un qui ne sait pas encore très bien où iel se situe : cet article est pour toi.

    *Une personne est cisgenre quand le genre qu’on lui a attribué à la naissance est le même que celui par lequel elle se définit. Utiliser le mot cisgenre permet de rendre visibles les personnes qui n’entrent pas dans cette catégorie.


    Ce qu’on est

    Les Chaudières, c’est un club associatif créé par des personnes queer et kinky**. Mais surtout, c’est créé par des personnes qui veulent faire communauté. Et la différence entre une communauté et une simple cohabitation, c’est que tout le monde va dans le même sens. On ne se retrouve pas ici juste parce qu’on est pareils. On se retrouve parce qu’on partage les mêmes aspirations : explorer sa sexualité de façon safe***, dans le respect des corps et des envies de chacun·e, et s’émanciper des scripts sexuels qu’on nous a imposés.

    Ces scripts, c’est quoi ? C’est l’hétéronormativité dans ce qu’elle a de plus mécanique : les hommes qui chassent, les femmes qui subissent, les rôles figés, les corps réduits à leurs organes. Ici, on ne cherche pas une femme ou un homme ou une personne trans. On cherche des gens qui ont envie de faire les mêmes choses que nous. Le reste, c’est de la fétichisation. Et si tu cherches « absolument un homme ou absolument une femme » tu n’es peut-être pas au bon endroit.

    ** la sexualité kinky s’exprime à travers des pratiques sexuelles ou des fantasmes qui peuvent être vus comme étant déviants. Le BDSM peut être considéré comme « kinky ».

    *** safe, ici, veut dire : de la façon la plus sécurisée possible avec nos moyens.


    Qui peut venir ?

    Tout le monde. Vraiment. Mais alors, comment ça, « tout le monde » au juste ?

    Quelques définitions utiles :

    Une personne cisgenre (ou cis) est en adéquation avec le genre qui lui a été assigné à la naissance. Une personne transgenre (ou trans) ne l’est pas : son genre ressenti ne correspond pas à ce qu’on lui a assigné à la naissance. Une personne non binaire a un genre qui sort de la vision binaire homme/femme. Le pronom neutre le plus utilisé en français est « iel ».

    Seule la personne concernée peut se définir comme trans, sans autre critère que celui-ci.

    Si je suis un mec, je peux trouver ma place aux Chaudières ?

    Bien sûr ! Voici les cas qui peuvent te parler :

    • Je suis une personne transmasculine, et on me prend pour un mec cis.
    • Je suis encore dans mon œuf, je suis perçu comme un mec cis (même parfois par moi même) : j’explore mon identité et j’ai besoin d’un espace pour le faire.
    • Je suis un mec cis gay et j’en ai marre de la domination masculine même dans des espaces communautaires qui me sont pourtant dédiés.
    • Je suis un mec cis bisexuel ou pansexuel qui ne sent pas bien dans les espaces hétéronormés.
    • Je suis un mec cis hétéro. Et oui ! Bien que tu soit statistiquement moins susceptibles de te retrouver dans nos valeurs, si tu t’y retrouves, tu es le bienvenu. Qui sait ce que tu découvrira en chemin ?

    Ce qui compte ici, c’est surtout ce que l’on veut faire, plutôt que ce que l’on est.


    Comment tout ce petit monde fait communauté ?

    Des règles claires.

    Dès l’inscription, chaque membre remplit un questionnaire qui aborde frontalement les questions de consentement et de respect. C’est un premier filtre : si quelqu’un trouve que c’est trop woke, que c’est trop féministe, que c’est pas son truc, il va probablement s’exclure de lui-même. Et ça nous va très bien. Chacun·e ses espaces, et les clubs « pour monsieur tout le monde » sont déjà nombreux.

    Le consentement qu’on pratique ici est explicite, pas implicite. On demande avant. On respecte les limites. On ne touche pas les gens sans leur accord. On ne rentre pas dans une pièce sans s’assurer que l’on peut. On respecte le système de bracelet s’il est mis en place. [voir notre article qui parle du système de bracelets]

    Et comme tou·tes les membres sont inscrit·es à l’association, n’importe qui peut se faire exclure pour une période plus ou moins longue (voir définitivement) en cas de comportement non conforme. Pas à cause de ce qu’il·elle est. À cause de ce qu’il·elle aura fait.

    Des espaces qui donnent le ton

    Les pièces ont des thèmes : un donjon BDSM, des espaces dédiés à des pratiques spécifiques. Ce n’est pas un hasard. C’est pour remplacer les scénarios hétéronormatifs par quelque chose d’autre : des pratiques choisies, des jeux consentis, des rencontres qui se font davantage sur des envies de pratiques et moins sur des envies de corps.

    Chaque semaine : une soirée sans mecs cis, une soirée sans alcool

    Une fois par semaine, on organise une soirée réservée aux personnes qui ne sont pas des hommes cisgenres. Ce n’est pas une exclusion arbitraire. C’est une nécessité que l’on assume : statistiquement, les comportements problématiques viennent plus souvent de personnes éduquées comme des mecs cis. On ne lutte pas contre les mecs cis, on lutte contre les comportements irrespectueux. Et oui, ça peut passer par des espaces sans eux, de temps en temps. Beaucoup de clubs pour hommes gays refusent carrément l’entrée de toutes les personnes sexisées****, donc bon… aux Chaudières, les hommes Cis peuvent venir la majorité des jours dans la semaine 😉

    De la même façon, on organise une soirée sans alcool. Parce qu’on pense que l’alcool est un problème dans notre société, et que c’est bien d’avoir un espace qui le prend en compte. Si tu comprends pourquoi la soirée sans alcool est une bonne chose même si tu aimes bien boire, tu comprendras probablement pourquoi la soirée sans mecs cis l’est aussi.

    Ces soirées permettent aussi aux personnes queers, qui hésitent à venir, de tremper le doigt de pied dans la piscine, dans un cadre où elles savent que c’est plus sécurisant.

    **** Oui, certains lieux à Nantes sont réservés aux hommes avec un pénis


    Un mot aux mecs cis

    Si tu es un mec cis et que tu lis ça : bienvenue. Vraiment.

    Garde en tête une chose à comprendre avant de venir : tu fais partie d’un groupe dominant. Même si t’es super, même si tu fais des efforts, ce n’est pas une accusation, et ce n’est pas ta faute, c’est un constat. Venir aux Chaudières, c’est choisir de le reconnaître et d’en tenir compte.

    Si tu penses que le féminisme, c’est pour l’égalité, donc pour tout le monde, y compris les hommes : tu es exactement là où il faut. Si tu te questionnes sur le genre, si tu as commencé à remettre en cause des trucs, si tu te demandes ce que ça veut dire « être un homme » dans un espace qui ne reproduit pas les rapports de domination : viens.

    Ce qu’on attend de toi, c’est simple : te glisser dans le cadre qu’on propose, et ne pas imposer le tien. Apprendre autant que partager. Et si tu fais une erreur, l’entendre et être prêt à la corriger.

    Ce que tu ne trouveras pas ici : l’impunité, les règles à géométrie variable, ou le droit de faire ce que tu veux parce que tu as payé ton entrée.

    Ce que tu trouveras : un espace où tout le monde a validé les mêmes règles explicites en mettant un pied dans le lieu… donc un espace où beaucoup de monde peut s’accorder.


    Pour finir

    Les Chaudières, c’est un espace où tout le monde peut venir presque tous les jours d’ouverture. Et un espace qui prend en compte les dominations systémiques. C’est ce qu’on vise à construire ensemble..


  • C’est quoi le mouvement sexpositif ?

    C’est quoi le mouvement sexpositif ?

    Deux personnes aux carnations différentes, jambes entrelacées sur un lit aux draps blancs dans une lumière dorée - image évoquant l'intimité et la complicité
    Photo de Womanizer Toyssur Unsplash

    Tu connais peut-être le libertinage. Le mouvement sexpositif, c’est un autre univers : mêmes envies, autres règles du jeu.
    Et Les Chaudières, c’est un lieu qui se veut justement à la croisée de ces deux mondes.

    Le libertinage : la liberté comme point de départ

    Le libertinage, c’est une forme de sexualité de groupe qui s’est construite en réaction au couple monogame hétéropatriarcal. L’idée : avoir un espace où l’on peut papillonner, où ça ne pose pas de soucis de ne pas être monogame·e, un lieu où l’on peut se libérer le temps d’une soirée.

    Dans un club libertin classique, la logique du lieu fonctionne comme une autorisation implicite. « Si les gens sont là, alors iels* sont d’accord avec tout ce qui se passe ici. On est « libre » : libre de toucher, libre de draguer, libre d’approcher. C’est fait pour ça, non ? »

    Le problème, c’est que cette logique passe à côté de plein d’enjeux, en particulier niveau consentement.

    Imagine une personne timide, qui n’ose pas repousser clairement une avance. Une femme plus âgée, très sûre d’elle, qui pose une main sur l’épaule, caresse une jambe, s’invite dans la conversation en forçant le passage. La personne en face ne sait pas quoi dire. On nous a appris à être gentil·les, à ne pas vexer les étrangers·ères. Alors on reste là, mal à l’aise, sans pouvoir formuler un « non » ou un « laisse-moi tranquille ». Ce n’est pas du consentement. C’est une agression. Une micro-agression, certes, pas de quoi envoyer quelqu’un en prison, mais une agression quand même.

    C’est exactement ce mécanisme que le mouvement sexpositif cherche à démonter.

    *iels : néo pronom personnel, fusion de « ils » + « elles ».


    Le mouvement sexpositif : écouter avant de toucher

    Le mouvement sexpositif est né du féminisme. Il part d’une volonté d’égalité, d’une volonté de casser les codes hétérosexuels et patriarcaux. Son principe fondamental : ce n’est pas parce que quelqu’un·e est présent·e qu’iel est forcément d’accord avec ce qui se passe.

    Dans ce cadre, le consentement n’est pas implicite. Il est explicite. Pour s’en souvenir, on dit qu’il est RÉELS :

    • R comme Réversible : je peux changer d’avis quand je veux (même quand on a déjà plus de vêtements, même quand on est déjà en plein milieu d’une pratique…).
    • É comme Éclairé : je sais exactement à quoi je dis oui. Si je dis « oui » pour une session de klismaphilie ou de vorarephilie, c’est que je sais ce que c’est. Mais aussi, parce que je sais avec qui je m’engage, à peu près pour combien de temps…
      – Je ne peux pas dire un vrai « oui » si je suis endormi·e, saoul·e ou sous l’emprise de produits.
    • E comme Enthousiaste : un « haaa OUI ! » est un oui. Un silence, un regard détourné, un « j’sais pas », un « bof » ne sont pas des « oui », ce sont des « non » !
    • L comme Libre : personne ne m’oblige. Je ne peux pas dire « non » si dire « non » risque de me causer du tort. Et si je ne peux pas dire « non » ; le « oui » n’est pas fiable.
    • S comme Spécifique : je peux dire oui à certaines choses et non à d’autres, avec certaines personnes et pas d’autres. (« carrément, touche moi partout mais pas cette zone… »

    Ce n’est pas un truc de wokiste ou une théorie délirante. Ça concerne aussi bien les hommes que les femmes ou les minorités de genre : le féminisme, c’est pour tout le monde. Le mouvement sexpositif aussi.

    Et au passage, ce n’est pas juste « un truc de cul ». C’est un mouvement militant et pédagogique, qui cherche à faire de la recherche, de l’éducation, à aider les gens à apprendre à se parler, se toucher, interagir… avec consentement et harmonie.


    « Mais ça va tuer le désir, le spontané ? »

    C’est souvent la première objection qu’on entend.

    Et la réponse est directe : justement, on ne cherche pas le spontané. On cherche le consensuel.

    Il ne s’agit pas de « draguer »*, au sens de chasser. Il s’agit de séduire. Et la séduction, c’est quelque chose qui se fait à deux. C’est une danse continue où chacun·e propose un pas. Ce n’est pas quelque chose qu’on impose.

    Discuter de ce qu’on a envie de faire avant de le faire, c’est des préliminaires qui se passent dans notre imagination. C’est très sexy.

    *Pour l’anecdote, « draguer », ça veut aussi dire « racler le fond » ça donne pas tant envie, hein ?


    Les Chaudières : un lieu qui n’existait pas encore

    Le mouvement sexpositif est un mouvement relativement jeune et militant. Anti patriarcal, souvent anticapitaliste aussi. Et créer un lieu en dur, ça coûte cher. Beaucoup de gens ne sont pas à l’aise avec l’idée de « faire de l’argent » sur la sexualité et la découverte de soi. Du coup, le mouvement existe surtout sous forme d’événements ponctuels. Très peu de lieux permanents existent.

    Des projets émergent, des gens essaient. Mais ça reste rare. Le mouvement sexpositif existe aujourd’hui surtout de façon perlée, au gré de festival ou d’événements privés organisés ici et là.

    Nous avons choisi de créer une association. Parce qu’on veut respecter ce cadre militant, pédagogique, féministe et donner naissance à un lieu où les sexualités alternatives peuvent exister sur le long terme, et accessible sans cooptation.
    Accessoirement, l’argent sert à payer les frais du lieu, pas à faire des bénéfices. Les membres du bureau sont bénévoles. Et a fortiori, tous les gens que vous croiserez aussi. 

    Le vrai changement que ça implique : toute personne membre peut venir passer derrière le bar ou à l’accueil pour aider volontairement. Il va falloir que la communauté soit capable de filer un coup de patte pour que le lieu perdure. C’est un lieu se voulant communautaire, favorisant l’entraide.

    C’est notamment ce qui lui permet d’être moins cher qu’un club classique.


    Comment ça se passe concrètement ?

    Avant même d’entrer, tou·tes les participant·es passent par un questionnaire qui vérifie que les principes du consentement et les règles du lieu ont bien été compris·es.

    Dans le lieu, chaque pièce a un niveau affiché clairement : niveau de nudité (par exemple, de N0 : tenue habillée, à N2: nudité complète autorisée) et niveau de sexualité (par exemple de S0 : espace relationnel, câlins et baisers, à S4: pratiques kink intenses). Ce qui est autorisé dans chaque pièce est clair, visible, non négociable.

    Et pour communiquer son consentement sans avoir à parler : un système visuel à base de port de bracelets :

    • Pas de bracelet = on n’est pas disponible aux échanges, on est là pour voir ce qui se passe.
    • Bracelet couleur 1 = on est là pour papoter.
    • Bracelet couleur 2 = on est ouvert·e aux propositions plus crues.

    Venez apprendre

    Les Chaudières, c’est un lieu à la croisée du BDSM, du libertinage et du mouvement sexpositif. Un lieu qui n’existait pas encore sous cette forme à Nantes.

    Ce que nous proposons, c’est un espace où l’on peut :

    • Découvrir des pratiques dans un environnement où le lieu fourni un cadre ;
    • Apprendre comment mettre en place le consentement explicite en situation réelle ;
    • Rencontrer des personnes partageant les mêmes aspirations ;
    • Profiter d’installations balnéo (sauna, spa, douches) ;
    • Se reposer dans des espaces sans sexualité ;
    • Explorer sa sexualité en groupe dans un cadre beaucoup plus sécurisé

    Si vous venez, vous apprendrez plein de choses sur la sexualité, de groupe ou pas, et sur le consentement.

    Et ça, c’est le plus important.


    Curieux·se d’en savoir plus sur notre fonctionnement ? Lisez aussi notre article sur les munch, les soirées de rencontre sans pratique sexuelle, idéales pour découvrir la communauté en douceur.

  • Pas de place pour le flou : notre politique de filtrage transparente

    Pas de place pour le flou : notre politique de filtrage transparente

    Adieu, arbitraire : comment les Chaudières remplacent les critères subjectifs par des règles claires.

    photo de main palme en avant pour arrêter la personne qui regarde
    Photo de Nadine Esur Unsplash

    Quel est le point commun entre une boîte de nuit, un club « sélect » ; un bar branché, ou un salon privé ? Le filtre à l’entrée ! Dans plusieurs types d’établissements, on ne rentre pas comme dans un moulin. Du coup, le filtre peut être basé sur :

    • L’âge (spoiler : pour rentrer dans le club « Les Chaudières » ; il faudra être majeur, donc oui, on filtre à ce niveau-là)
    • L’apparence : on ne cautionne pas ça, mais dans beaucoup d’endroits, une tenue correcte est exigée ;
    • Le genre : on ne cautionne pas non plus (certains paient très cher, d’autres pas du tout, et d’autres « ça dépend des jours ou de ton état civil ») !

    Donc comment sélectionne à l’entrée ? Parce que ce n’est pas parce qu’on est contre les discriminations que ça doit être la foire à la saucisse ! Pour éviter le gros bazar, on fait le choix de sélectionner sur un critère qui nous semble plus juste ET utile : l’acceptation et la compréhension des règles.

    Vous avez déjà été dans un sauna club, ou sex club, sur le site internet duquel il est écrit « Il y a donc des règles et un code de bonne conduite qu’il vous faut connaître » ? Alors que ces règles ne sont affichées nulle part dans le club ; et qu’elles ne soient pas vérifiées avant l’entrée dans le club ?
    Ou avoir déjà lu « Toute personne, dont le comportement, la tenue, les propos ne correspondraient pas à l’éthique de notre club, se verra interdire l’accès de l’établissement » mais sans jamais que l’éthique ne soit clarifiée ?

    Hé bien nous y voilà, on trouve que c’est problématique parce que :

    • C’est une absence de cadre qui ouvre la porte à tous les dérapages (bidule te met la main au cul sans prévenir, tel mec te suit dans tous tes déplacements comme un stalker*…)
    • C’est aussi la porte ouverte à toutes les discriminations : qui décide si telle tenue est appropriée, trop ou pas assez soignée ? C’est, dans beaucoup d’endroits, une façon de tenir à l’écart une population qui correspond à des critères que la gérance ne peut pas se permettre d’afficher. Parfois, du racisme qui ne dit pas son nom.
    • Ce sont des critères totalement subjectifs.

    Déjà vu sur des publications de certains établissements : « Viens comme tu es, mais viens belle, affirmée, créative et audacieuse. L’élégance n’a pas de forme imposée, mais elle se ressent dès l’entrée. » On a le droit d’être habillée comme on veut, mais en fait, il y a un cadre, mais aucun vêtement n’est ni entièrement interdit ni totalement obligatoire ? Et finalement, quand on arrive sur place, on réalise que la jupe est obligatoire, mais qu’en fait, une fois sur place, ça dépend pour qui ? Bref, il y a un problème de filtrage par niveau social, mais aussi un problème d’honnêteté dans une partie des clubs qui affichent des règles aussi floues.

    DONC pour rentrer aux Chaudières, il faut répondre à… un questionnaire ! Ce questionnaire serait à compléter :

    • Soit au moment de l’adhésion en présentiel (sur place, avec une feuille A4, à l’ancienne 😉)
    • Soit au moment de l’adhésion, en ligne (sur internet, donc 💻)
    • C’est objectif ; pas soumis au ressenti d’une personne à l’accueil ;
    • ça valide que tu as compris où tu mets les pieds (c’est très rare que les gens se trompent, mais ça arrive !)
    • ça valide que tu as compris à quoi tu t’engages ;
    • Si jamais on doit te reprendre sur ton comportement, ce sera un rappel, pas une découverte où tu seras pris au dépourvu ;
    • Si jamais quelqu’un t’emmerde, presque tout le monde est légitime à intervenir, parce que les règles sont claires ET connus de tous AVANT MÊME l’entrée dans l’établissement.

    Quelques exemples de questions :

    –> Dans le club ; il est possible de se toucher : seul(e) ou à plusieurs) :

    Dans toutes les salles, tout le temps, c’est sans prise de tête !
    Partout sauf au niveau du bar, où les interactions tactiles sont interdites.

    Jamais et nulle part, c’est très select comme endroit, enfin !

    –> Lorsque des personnes me plaisent :

    ⊡ Je peux les suivre partout, c’est pas illégal quand même !
    Je peux suivre toutes les personnes qui portent un bracelet à rayures
    Je ne tente pas de suivre quelqu’un qui change de pièce sans son accord préalable.
    Je n’ai pas le droit de l’aborder


    Et vous, même sans connaître notre règlement officiel, quelles réponses vous semblent logiques au vu de ce qui circule déjà sur nos réseaux ?

  • Ça fait quoi d’être accueilli·e dans un club qui pense vraiment l’accueil ?

    Ça fait quoi d’être accueilli·e dans un club qui pense vraiment l’accueil ?

    Signe en Néon avec écris Hello
    Photo de Pablo Gentilesur Unsplash

    Dans beaucoup de clubs libertins classiques, ça se passe comme ça :

    Tu arrives.
    On regarde comment tu es habillé·e.
    On vérifie si “le profil correspond”.
    On applique un tarif différent selon ton genre’.
    On te refuse parce que tu ne portes pas de talons.
    Ou parce que ton pantalon n’est pas assez “classe”.

    Tu paies.
    Tu reçois une clé.
    Et débrouille-toi.

    Si tu es trans, non-binaire, timide, stressé·e, novice, alors bonne chance.


    Aux Chaudières, ça commence bien avant la porte.

    Tu n’arrives pas par hasard.

    L’adresse n’est pas publique.
    Pour la connaître, il faut être membre de l’association.

    Et pour être membre, tu remplis un questionnaire en ligne.

    Pas un interrogatoire.
    Pas un entretien humiliant.

    Un questionnaire qui parle de consentement.
    De validisme.
    De transphobie.
    De grossophobie.
    etc…

    Si tu n’es pas à l’aise avec ces sujets, on ne te jette pas.
    On t’envoie des ressources.
    On te propose d’apprendre.
    On te laisse retenter.

    Ici, on préfère la pédagogie à l’exclusion automatique.


    Tu arrives.

    On t’accueille.

    Par une vraie personne.
    Qui prend le temps.

    On vérifie que tu es membre.
    On utilise ton prénom d’usage ou ton pseudo.
    Pas de deadname à l’accueil.

    On ne te demande pas ton genre.
    On ne te demande pas “ce que tu as dans ton pantalon”.
    Tu paies le même tarif que tout le monde.

    Toujours.

    Parce qu’ici, l’égalité n’est pas un slogan.


    On t’explique.

    On te montre le plan.
    Les espaces.
    Les niveaux de nudité.
    Les niveaux de sexualité.

    Où tu peux être nu·e.
    Où tu dois rester habillé·e.
    Où il ne se passe rien de sexuel.

    On te reparle du consentement si c’est ta première fois.

    Tu peux poser toutes les questions.
    Même celles que tu trouves “bêtes”.

    Et si ça fait patienter derrière toi ?
    C’est pas grave.

    On n’est pas là pour faire du chiffre.
    On est là pour faire communauté.


    Tu viens comme tu es.

    Pas de dress code humiliant.
    Pas de talons obligatoires.
    Pas de pantalon noir exigé.

    Tu peux venir en jean.
    Rester habillé·e toute la soirée.
    Être nu·e dans les espaces prévus.
    Ou juste boire un verre.

    Tu peux discuter trois heures au bar.
    Lire un livre.
    Observer.
    Puis repartir.

    Ici, personne ne te pousse à performer.


    Tu es stressé·e ?

    Les bénévoles sont identifiables.
    Prêt·e à t’aider.
    Disponibles.

    Un système de bracelets pourra permettre d’indiquer ton niveau d’ouverture aux interactions, ou pas. Rien n’est obligatoire.

    Tu peux dire non.
    Tu peux changer d’avis.
    Tu peux partir au bout de 20 minutes.


    Et si ça ne va pas ?

    Tu vas voir l’accueil.
    Le bar.
    Une personne référente.

    Il y a un protocole.
    Un vrai.
    Avec affichage, formation, gestion graduée.

    Parce qu’un espace safe ne se décrète pas.
    Il s’organise.


    Aux Chaudières, tu n’es pas un produit.

    Tu es membre.

    Et ici, l’accueil fait partie de l’expérience.


    Et si tu veux en savoir plus, rejoins-nous sur nos réseaux sociaux : https://linktr.ee/leschaudieres

  • Pourquoi pas de « tenue correcte exigée » aux Chaudières ?

    Pourquoi pas de « tenue correcte exigée » aux Chaudières ?

    Photo d'escarpin rose au milieu des fleurs.
    Photo de Laura Chouettesur Unsplash

    C’est un sujet qui varie énormément d’un club à l’autre : Tantôt tel club libertin impose une tenue particulièrement guindée, tantôt tel club humide* exige une tenue spécifique, mais uniquement le vendredi, tantôt tel club échangiste propose une entrée libre pour les couples, « à condition que madame porte une jupe », etc.

    *(qui dispose d’une balnéo, par opposition aux « clubs secs » qui n’en proposent pas, comme la plupart des boîtes de nuit)


    Chez les Chaudières, on n’a pas de tenue particulière imposée ; et ce pour trois, sinon quatre raisons majeures :

    1. On estime que c’est dommage de forcer des gens s’habiller d’une manière hyper sophistiquée alors que l’on propose un établissement dans lequel il est tout à fait autorisé d’être nu(e) une fois passé la porte d’entrée (même si évidemment on adore les tenues complexes, farfelues, hors norme, le latex, les habits étincelants, les paillettes, les froufrous…)
    2. Parce qu’on émet l’hypothèse qu’exiger une tenue particulière est une façon d’ajouter un filtre social, et que notre groupe refuse d’amplifier des inégalités d’accès aux fringues (d’ailleurs, ce filtre n’est jamais explicite : il est facile de se faire refuser ou accepter d’une semaine à l’autre dans le même club avec la même tenue sans raison très valable autre que « les vêtements ça ne va pas »).
    3. C’est un filtre extrêmement genré : les hommes doivent être habillés comme ceci, les femmes comme cela… Et si vous n’êtes ni complètement l’un ou l’autre, « allez-vous faire voir » ? Ces injonctions vestimentaires sont très souvent des discriminations pour les personnes NB/en fluidité de genre. En plus d’être des injonctions avec des doubles standards.
    4. parce que nous avons déjà l’intention de filtrer les entrées (en particulier des nouvelles frimousses) avec un système de règles à consulter en amont de la venue (sous forme de texte ou de vidéo) qui sera complété par un questionnaire à l’inscription.

    Ce système de filtrage demande une forte implication de la part du staff comme de la part des participant(e)s. Nous sommes le premier (et pour l’instant le seul) club à proposer une vérification de la compréhension de la charte à l’entrée, plutôt que de se cacher vers des règles vagues et sujettes à interprétation.

    Jamais les clubs libertins ou échangistes qui prétendent avoir « une entrée très sélective » ne vérifient ne serait-ce que dix secondes que les personnes (bien ou mal habillées) qui se tiennent à l’entrée ont pris connaissance des règles, fussent-elles très bien écrites : elles sont toujours cachées sur un site web, et jamais lues en amont.


    Pour conclure : Non aux filtres sociaux et au délit de faciès ; et oui à la validation des règles de base avant d’entrer !

    Alors autant d’un point de vue comportement et interactions, soyez prêt à vous remettre en question, autant d’un point de vue vestimentaire, plus que jamais : venez comme vous êtes ! (Ou comme vous rêvez de l’être !)

  • C’est quoi un munch ?

    C’est quoi un munch ?

    une femme au crane rasé portant un collier en cuir
    Photo de 1MilliKarat sur Unsplash

    On nous pose souvent la question.
    Et c’est normal : quand on ne connaît pas le milieu BDSM, le mot peut sembler mystérieux.

    Un munch, c’est tout simplement un moment, souvent dans un bar, où des personnes de la communauté BDSM se retrouvent pour discuter et faire connaissance.

    Pas de scène.
    Pas de sexualité.
    Pas de jeu.
    Juste des gens autour d’un verre.


    À quoi ressemble un munch, concrètement ?

    En général :

    • 🍻 Ça se passe dans un bar ou un café.
    • 👕 Les gens sont habillés “normalement”.
    • 💬 C’est un espace de discussion libre.

    Il n’y a généralement pas de dress code kinky obligatoire, car on reste dans un lieu public.
    On peut parfois voir un harnais par dessus un t-shirt ou un collier en cuir un peu marqué, mais l’ambiance est avant tout conviviale et détendue.

    Certains munchs sont très informels :

    “On se retrouve à 19h au bar X, venez si ça vous dit.”

    D’autres ont un cadre plus structuré :

    • Présentation des nouvelles personnes,
    • Tour de table,
    • Tables thématiques (“shibari”, “domination/soumission”, “tel kink spécifique”),
    • Discussions autour du consentement ou des événements à venir.

    Mais le cœur reste le même : échanger, apprendre, rencontrer.


    Est-ce que c’est réservé aux “initié·es” ?

    Non.
    Et c’est même tout l’inverse.

    Le munch est souvent la porte d’entrée idéale pour :

    • Une personne curieuse,
    • Quelqu’un qui découvre le BDSM,
    • Une personne qui se pose des questions,
    • Ou quelqu’un qui pratique déjà, mais ne connaît personne dans sa région.

    On peut venir seul·e, en couple, entre ami·es.
    On ne vient pas pour draguer.
    On ne vient pas chercher un plan.
    On vient pour discuter.

    Et c’est précieux.


    Pourquoi c’est important ?

    Parce que le BDSM, ce n’est pas “juste” des pratiques.
    C’est aussi :

    • Du relationnel,
    • Du consentement,
    • De la réflexion,
    • Des valeurs,
    • Des cadres de sécurité.

    Les munchs permettent :

    • De démystifier,
    • De sortir des fantasmes,
    • De rencontrer des personnes très différentes,
    • De voir que la communauté est diverse (corps, âges, handicaps, parcours…).

    Le fait d’être en présentiel change beaucoup de choses par rapport aux réseaux sociaux :

    • Les échanges sont plus nuancés,
    • La modération est plus facile,
    • On humanise les discussions.

    C’est souvent un espace beaucoup plus rassurant qu’un DM sur internet.


    Et la frustration ?

    Elle existe.

    Parce que le munch se déroule dans un lieu public,
    et qu’on ne va évidemment pas imposer du kink ou de la sexualité à d’autres client·es du bar.

    Donc :

    On discute… mais on ne joue pas.

    Certaines communautés ont développé des formats dits “munch & play” :

    • Un temps de discussion,
    • Puis un accès à un lieu adapté pour pratiquer.

    Mais cela demande :

    • Un espace sécurisé,
    • Un cadre clair,
    • Une équipe formée,
    • Une gestion sérieuse du consentement et des risques.

    👉 Et c’est précisément là que nous voulons nous positionner.


    Les Chaudières et les munch & play

    Les Chaudières ont l’ambition d’être un sauna club associatif, mais aussi un lieu ouvert aux pratiques BDSM et kinky.

    Concrètement, nous imaginons :

    • Un espace bar / discussion,
    • Une piste de danse,
    • Des backrooms (salles privées),
    • Un donjon dédié aux pratiques BDSM.

    Notre cadre repose sur :

    • Une charte claire,
    • Une politique de consentement explicite,
    • Une lutte active contre les oppressions,
    • Des niveaux d’espaces définis,
    • Des bénévoles formé·es,
    • Un accès réservé aux membres uniquement.

    Cela permet d’envisager un format munch & play dans de bonnes conditions :

    • Discuter dans un espace convivial,
    • Puis, pour celles et ceux qui le souhaitent et dans le respect du cadre, accéder à des espaces de jeu.

    Nous n’imaginons pas nécessairement organiser nos propres munchs.
    Mais nous sommes déjà en discussion avec des organisateur·ices à Nantes.

    Et nous aimerions aller plus loin.


    Vous organisez un munch à Nantes (ou dans la région) ?

    Que vous soyez à Nantes, Angers, Cholet ou ailleurs :

    Si vous êtes organisateur ou organisatrice d’un munch
    et que vous cherchez un lieu adapté pour proposer un format munch & play,

    👉 Contactez-nous.

    Notre lieu sera accessible uniquement aux membres de l’association.
    Il faudra donc réfléchir ensemble à la bonne formule :

    • Munch ouvert à toustes, play réservé aux membres ?
    • Adhésion ponctuelle ?
    • Événement dédié ?

    Nous voulons construire cela avec la communauté, pas à sa place.


    Envie d’en savoir plus ?

    Le projet est en construction.

    Si ces sujets vous intéressent :

    • Suivez nos réseaux sociaux,
    • Inscrivez-vous à nos actualités,
    • Restez attentif·ve aux prochaines annonces.

    Les Chaudières veulent être un lieu :

    • Pédagogique,
    • Rassurant,
    • Communautaire,
    • Et profondément engagé sur le consentement et la lutte contre les oppressions.

    Les munchs sont un point d’entrée.
    Les espaces de jeu en sont un autre.

    Nous voulons que les deux puissent coexister — dans un cadre clair, safe et réfléchi.

    À très bientôt.

  • Pourquoi un sauna club de plus sur Nantes ?

    Pourquoi un sauna club de plus sur Nantes ?

    Photo de Jean-Luc Benazet sur Unsplash

    Nombreuses sont les personnes qui pourraient vous confirmer ces états de faits, au sujet des saunas de type « Club libertin » ordinaires :

    • L’entrée est souvent chère pour les hommes cisgenre : ils sont souvent pris pour le dindon de la farce ;
    • L’entrée est souvent gratuite pour les femmes cisgenre : elles sont souvent « le produit d’appel ;
    • L’entrée peut être refusée aux personnes transgenres : et quand bien même elles sont acceptées, ce sont avec des tarifs dont l’origine est parfois un peu mystérieuse ;
    • Dans les clubs dédiés à une clientèle hétérosexuelle : Les hommes seuls sont trop souvent insistants envers les femmes ou perçues comme telles ;
    • Beaucoup de femmes peuvent se sentir pourchassées ou sentir une pression pouvant être pesante dans ces clubs ;
    • Dans les clubs dédiés à une clientèle « gay masculine » : souvent les hommes jeunes sont perçus comme « des proies » ;
    • Aucun club ne propose de journée fixe réservée aux femmes ;
    • Dans l’écrasante majorité des clubs, hétéros comme gays, la prévention contre les VSS ou les agressions est totalement inexistante.

    Si ces constats vous parlent, et que cela ne convient pas pour vous ; alors vous devriez apprécier Les Chaudières !


    👉 Ici, nous œuvrons à créer un club où :

    • Chaque personne qui rentre dans l’établissement est forcément membre de l’association ;
    • Chaque personne devenant membre doit valider quelques acquis de base au niveau comportemental : cela se traduit par le visionnage d’une vidéo d’une dizaine de minutes, et du remplissage d’un questionnaire d’entrée d’une quinzaine de questions ;
    • Vous pouvez porter un signe distinctif pour signaler l’envie que l’on vienne vous voir, ou au contraire que l’on vous laisse tranquille ;
    • Nous avons une procédure réfléchie pour la prise en charge d’une personne qui agresse ;
    • Une journée fixe par semaine est réservée sans mecs cisgenres !
    • Le prix est non genré donc pas de transphobie et personne n’est perçu comme dindon de la farce, ni comme produit d’appel, ni comme proie.

    🔥 Si tout cela vous parle, nous vous invitons à vous inscrire à la newsletter, vous abonnez à notre instagram ou notre fetlife, pour avoir de nos nouvelles régulièrement.

  • Bienvenue sur le blog des Chaudières!

    Bienvenue sur le blog des Chaudières!

    Les Chaudières c’est quoi ? C’est un projet associatif privé qui veut créer, à Nantes, un espace queer et féministe dédié à l’exploration relationnelle, sensuelle et festive, avec une attention très concrète portée à la sécurité, le consentement et le soin du collectif.

    Si on ouvre ce blog, c’est parce qu’on a envie de faire les choses au grand jour (dans la mesure du possible) : expliquer notre démarche, raconter les étapes, partager nos réflexions, et surtout construire une communauté avant même l’ouverture. On ne veut pas juste “annoncer un lieu” : on veut documenter comment on le fabrique, pourquoi on le fabrique, et sur quelles valeurs on s’appuie.

    Notre intention est simple : proposer un cadre où l’on peut vivre des expériences fortes sans se perdre dans le flou. Ici, le consentement n’est pas un slogan : c’est un fonctionnement. Un “non” est respecté, un “stop” est immédiat, et les oppressions n’ont pas leur place.

    On est aussi très content·es d’avoir un blog, parce que ça nous donne un endroit stable pour :

    • poser nos mots (au-delà des stories qui disparaissent),
    • centraliser nos ressources,
    • annoncer les avancées,
    • et partager notre cadre de manière lisible.

    Bref : merci d’être là. Ce blog, c’est notre façon de dire “on arrive”, mais aussi “on vous embarque avec nous”.