
Aujourd’hui nous allons traiter d’un sujet qui est nettement sous-considéré : la prévention des maladies aéroportées.
Ce qu’on a appris depuis la pandémie du COVID
Toutes les personnes qui lisent cet article ont vécu 2020, et ce qui a marqué cette année-là. À savoir, non pas le « début du COVID » mais bien « plusieurs confinements à travers le monde ».
Et oui, car la nouveauté de cette année-là n’a pas été la pandémie en soi (car nos sociétés ont vécu, il y a relativement peu de temps, la variole du singe, Ebola, la grippe A (ou H1N1); mais bien les mesures de prévention de la maladie (ce qu’on appelle la prophylaxie) qui ont été prises à échelle quasi planétaire ! Aucune pandémie, même mondiale, n’avait imposé de mesure aussi drastique à une aussi grande part de la population.
Les plus vieilles personnes parmi nous se souviennent peut-être de certaines mesures de prévention qui avaient été prises à l’époque du SIDA, qui étaient à la fois violentes ET inutiles (l’interdiction des personnes séropositives au VIH dans certains postes ou lieux). Mais aussi des mesures qui manquaient cruellement de précautions (l’affaire du sang contaminé). La psychose et le manque d’infos sont de mauvaises conseillères.
Ce que l’on apprend, c’est qu’entre la découverte d’un virus par les autorités sanitaires, les premières recommandations, et les recommandations définitives; le delta est parfois énorme.
Au sujet du COVID, on sait maintenant que :
- Les gestes barrières trouvent essentiellement leur intérêt lorsque la qualité de l’air est excellente. (c’est-à-dire un nombre de particules par mètre cube d’air faible).
- Ajouter 3 mètres de distance, tousser dans son coude ou porter un masque, c’est extrêmement utile… à condition de ne pas rester dans une cave de 20 m² avec 15 personnes pendant trois heures.
Pourquoi se préoccuper de l’air ?
Pour plusieurs maladies aéroportées une énorme partie des contaminations se passent à « longue distance » (même si la contagiosité est assez variable en fonction des divers types de pathogènes aéroportés ; et qu’on manque d’études pour l’affirmer sur tous, mais c’est le cas pour le COVID) ; c’est-à-dire que vous pouvez être contaminé(e)s par quelqu’un à l’autre bout de la pièce qui, même avec un masque, aura respiré trop longtemps le même air que vous non renouvelé.
La prévention pour lutter contre le COVID est utile car ça réduit aussi beaucoup d’autres infections aéroportées.
À titre indicatif, voici un tableau (en anglais) avec une liste de plusieurs pathogènes à transmission principalement aéroportée, une indication (en nombre d’infections par cas) et la présence de vaccins ou non.

Dans ce contexte-là, se préoccuper de la qualité de l’air dans un endroit qui rassemble parfois plusieurs personnes dans une pièce sans fenêtre ouverte, c’est faire de la prévention dans un domaine trop oublié par la plupart des clubs (Petit jeu : promenez-vous dans des bars de la ville de votre choix et demandez à la gérance si elle a quelque chose de prévu à ce niveau-là, en dehors du gel hydroalcoolique).
Parfois, la qualité de l’air est très bonne pour des raisons qui ne sont absolument pas liées au COVID. Par exemple certains restaurants qui cuisinent à la vapeur ou très épicé sont équipés de hottes puissantes et certaines piscines ont un système de ventilation très complet, initialement installé pour gérer l’humidité ou les odeurs, mais qui s’avère également efficace pour maintenir une bonne qualité de l’air du point de vue de la concentration en virus 😉
Quels sont les risques liés aux infections aéroportées dans un club?
Dans un monde où nous vivrions uniquement à l’extérieur, la question ne se poserait même pas pour ce type de maladie et même si les quelques réservoirs épidémiques présents dans des populations animales sauvages pourraient régulièrement contaminer quelques personnes, sans la possibilité de déclencher de réaction en chaîne, aucun de ces pathogènes ne produirait d’épidémies à large échelle. Le nombre de contaminations serait très réduit.
Dans une Backroom moyenne (une backroom étant le plus souvent une pièce fermée et sans fenêtre), la qualité de l’air dépend du nombre de personnes, de leur intensité de respiration (de leur niveau d’activité physique, de leur niveau de contact, on vous fait pas un dessin hein, vous avez compris[1]), de leur temps passé dans une pièce, du débit de la ventilation ou de l’aération lors de votre présence. En plus il faut prendre en compte tous ces paramètres pour les personnes présentes avant et après vous.
Autrement dit, si tu es la première personne de la journée à arriver dans une pièce qui n’avait été occupée par personne et qui a été aérée pendant deux heures, le seul risque d’infection sera par tes camarades de jeu.
Mais si tu passes juste derrière un grand groupe de personnes qui ont soufflé abondamment (notez l’euphémisme) pendant une heure, et que l’une ou plusieurs d’entre elles sont malades, dans une p’tite pièce, mieux vaut pas venir faire du sport de chambre, dans les cinq minutes qui suivent, surtout si c’est une pièce sans fenêtre !
Aux Chaudières, on sait que, même si par bonheur, on réussit à avoir un lieu avec un super jardin [2] permettant de batifoler à dehors, il y a des périodes de l’année où on ne pourra pas rester à l’extérieur toute la soirée (genre en hiver).
Quelles solutions de prophylaxie avons-nous choisi de mettre en place ?
À ce titre nous nous sommes penché·es sur l’un des moyens de prophylaxie qui nous a semblé être un bon compromis entre l’efficacité, les contraintes logistiques, et l’accessibilité financière. Car on voulait aller un peu plus loin que la simple mise à disposition de masques ou de gel hydroalcoolique : la gestion de la qualité de l’air que l’on respire !
Comment ? Avec la combinaison de purificateurs d’air et d’une ventilation contrôlée via des capteurs de CO2 !
Certaines entreprises en vendent pour des sommes folles, nous nous sommes rapproché·es de la structure DoItYourAir. C’est un organisme Nantais, engagé dans les luttes Queer et Handi et qui cherche à améliorer la qualité de l’air dans tous les lieux clos. Cette structure va nous aider à mettre en place une installation complète !
Cela permettra non seulement à certaines personnes plus exposées que d’autres de venir avec des risques très réduits, mais également, par capillarité, de réduire drastiquement les risques d’infection entre les groupes de personnes. De plus, ça va permettre de beaucoup diviser le risque de tous les humains qui viennent s’amuser dans les Chaudières de contracter une maladie en raison de leur simple présence dans une pièce confinée.
Les infections pouvant se produire lors de contacts rapprochés, notamment sans port de masques, l’excellente qualité de l’air permettra tout de même de réduire à la fois la durée, et les risques de séquelles pour toutes les personnes présentes.
Au plaisir de vous retrouver !
PS : N’oubliez pas de communiquer au sujet de votre état de santé auprès de personnes avec qui vous vous lancez dans des acrobaties ou échanges de fluides : l’information est toujours bonne pour la santé et permet de mettre en place des moyens de prévention 🙂
PS2 : pour aller plus loin, quelques sources et ressources :
PS3 : Cette publication n’est aucunement sponsorisée, et aucune personne de l’association ne reçoit la moindre commission de la part de quelque entreprise que ce soit (et jusqu’à mention du contraire, c’est pareil pour tous les autres articles, mais bon, ça vaut le coup de le rappeler). Les gens qui nous ont proposé le partenariat veulent pouvoir se faire plaisir dans un club avec une bonne qualité de l’air, et c’est, a priori, une motivation suffisante.
[1] Bon et si vraiment t’as pas compris : quand on nique fort, on respire beaucoup plus et on rejette beaucoup de CO2.
[2] Ouais, à l’heure où on écrit cet article, on n’a toujours pas de local, on sait, c’est relou.

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