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  • Infections aéroportées : un point prévention

    Infections aéroportées : un point prévention

    Purificateur d’air artisanal de forme hexagonale, au boîtier gris métallisé, posé sur un petit pied incliné. Sa face avant est percée de quatre ventilateurs aux grilles en spirale, et un câble noir avec interrupteur en ligne court au sol. À gauche, un chien au pelage beige clair, couché sur un tapis rayé orange, rouge et jaune, regarde sur le côté.

    Aujourd’hui nous allons traiter d’un sujet qui est nettement sous-considéré : la prévention des maladies aéroportées.

    Ce qu’on a appris depuis la pandémie du COVID

    Toutes les personnes qui lisent cet article ont vécu 2020, et ce qui a marqué cette année-là. À savoir, non pas le « début du COVID » mais bien « plusieurs confinements à travers le monde ».

    Et oui, car la nouveauté de cette année-là n’a pas été la pandémie en soi (car nos sociétés ont vécu, il y a relativement peu de temps, la variole du singe, Ebola, la grippe A (ou H1N1); mais bien les mesures de prévention de la maladie (ce qu’on appelle la prophylaxie) qui ont été prises à échelle quasi planétaire ! Aucune pandémie, même mondiale, n’avait imposé de mesure aussi drastique à une aussi grande part de la population.

    Les plus vieilles personnes parmi nous se souviennent peut-être de certaines mesures de prévention qui avaient été prises à l’époque du SIDA, qui étaient à la fois violentes ET inutiles (l’interdiction des personnes séropositives au VIH dans certains postes ou lieux). Mais aussi des mesures qui manquaient cruellement de précautions (l’affaire du sang contaminé). La psychose et le manque d’infos sont de mauvaises conseillères.

    Ce que l’on apprend, c’est qu’entre la découverte d’un virus par les autorités sanitaires, les premières recommandations, et les recommandations définitives; le delta est parfois énorme.

    Au sujet du COVID, on sait maintenant que :

    • Les gestes barrières trouvent essentiellement leur intérêt lorsque la qualité de l’air est excellente. (c’est-à-dire un nombre de particules par mètre cube d’air faible).
    • Ajouter 3 mètres de distance, tousser dans son coude ou porter un masque, c’est extrêmement utile… à condition de ne pas rester dans une cave de 20 m² avec 15 personnes pendant trois heures.

    Pourquoi se préoccuper de l’air ?

    Pour plusieurs maladies aéroportées une énorme partie des contaminations se passent à « longue distance » (même si la contagiosité est assez variable en fonction des divers types de pathogènes aéroportés ; et qu’on manque d’études pour l’affirmer sur tous, mais c’est le cas pour le COVID) ; c’est-à-dire que vous pouvez être contaminé(e)s par quelqu’un à l’autre bout de la pièce qui, même avec un masque, aura respiré trop longtemps le même air que vous non renouvelé.

    La prévention pour lutter contre le COVID est utile car ça réduit aussi beaucoup d’autres infections aéroportées.

    À titre indicatif, voici un tableau (en anglais) avec une liste de plusieurs pathogènes à transmission principalement aéroportée, une indication (en nombre d’infections par cas) et la présence de vaccins ou non.

    Infographie de letsair.org : exemples de maladies causées par des virus et bactéries transmissibles par l'air que l'on respire, avec leur contagiosité (R0) et la disponibilité d'un vaccin. Description détaillée ci-dessous.

    Dans ce contexte-là, se préoccuper de la qualité de l’air dans un endroit qui rassemble parfois plusieurs personnes dans une pièce sans fenêtre ouverte, c’est faire de la prévention dans un domaine trop oublié par la plupart des clubs (Petit jeu : promenez-vous dans des bars de la ville de votre choix et demandez à la gérance si elle a quelque chose de prévu à ce niveau-là, en dehors du gel hydroalcoolique).

    Parfois, la qualité de l’air est très bonne pour des raisons qui ne sont absolument pas liées au COVID. Par exemple certains restaurants qui cuisinent à la vapeur ou très épicé sont équipés de hottes puissantes et certaines piscines ont un système de ventilation très complet, initialement installé pour gérer l’humidité ou les odeurs, mais qui s’avère également efficace pour maintenir une bonne qualité de l’air du point de vue de la concentration en virus 😉


    Quels sont les risques liés aux infections aéroportées dans un club?

    Dans un monde où nous vivrions uniquement à l’extérieur, la question ne se poserait même pas pour ce type de maladie et même si les quelques réservoirs épidémiques présents dans des populations animales sauvages pourraient régulièrement contaminer quelques personnes, sans la possibilité de déclencher de réaction en chaîne, aucun de ces pathogènes ne produirait d’épidémies à large échelle. Le nombre de contaminations serait très réduit.

    Dans une Backroom moyenne (une backroom étant le plus souvent une pièce fermée et sans fenêtre), la qualité de l’air dépend du nombre de personnes, de leur intensité de respiration (de leur niveau d’activité physique, de leur niveau de contact, on vous fait pas un dessin hein, vous avez compris[1]), de leur temps passé dans une pièce, du débit de la ventilation ou de l’aération lors de votre présence. En plus il faut prendre en compte tous ces paramètres pour les personnes présentes avant et après vous.

    Autrement dit, si tu es la première personne de la journée à arriver dans une pièce qui n’avait été occupée par personne et qui a été aérée pendant deux heures, le seul risque d’infection sera par tes camarades de jeu.

    Mais si tu passes juste derrière un grand groupe de personnes qui ont soufflé abondamment (notez l’euphémisme) pendant une heure, et que l’une ou plusieurs d’entre elles sont malades, dans une p’tite pièce, mieux vaut pas venir faire du sport de chambre, dans les cinq minutes qui suivent, surtout si c’est une pièce sans fenêtre !

    Aux Chaudières, on sait que, même si par bonheur, on réussit à avoir un lieu avec un super jardin [2] permettant de batifoler à dehors, il y a des périodes de l’année où on ne pourra pas rester à l’extérieur toute la soirée (genre en hiver).


    Quelles solutions de prophylaxie avons-nous choisi de mettre en place ?

    À ce titre nous nous sommes penché·es sur l’un des moyens de prophylaxie qui nous a semblé être un bon compromis entre l’efficacité, les contraintes logistiques, et l’accessibilité financière. Car on voulait aller un peu plus loin que la simple mise à disposition de masques ou de gel hydroalcoolique : la gestion de la qualité de l’air que l’on respire !

    Comment ? Avec la combinaison de purificateurs d’air et d’une ventilation contrôlée via des capteurs de CO2 !

    Certaines entreprises en vendent pour des sommes folles, nous nous sommes rapproché·es de la structure DoItYourAir. C’est un organisme Nantais, engagé dans les luttes Queer et Handi et qui cherche à améliorer la qualité de l’air dans tous les lieux clos. Cette structure va nous aider à mettre en place une installation complète !

    Cela permettra non seulement à certaines personnes plus exposées que d’autres de venir avec des risques très réduits, mais également, par capillarité, de réduire drastiquement les risques d’infection entre les groupes de personnes. De plus, ça va permettre de beaucoup diviser le risque de tous les humains qui viennent s’amuser dans les Chaudières de contracter une maladie en raison de leur simple présence dans une pièce confinée.

    Les infections pouvant se produire lors de contacts rapprochés, notamment sans port de masques, l’excellente qualité de l’air permettra tout de même de réduire à la fois la durée, et les risques de séquelles pour toutes les personnes présentes.

    Au plaisir de vous retrouver !

    PS : N’oubliez pas de communiquer au sujet de votre état de santé auprès de personnes avec qui vous vous lancez dans des acrobaties ou échanges de fluides : l’information est toujours bonne pour la santé et permet de mettre en place des moyens de prévention 🙂

    PS2 : pour aller plus loin, quelques sources et ressources :

    PS3 : Cette publication n’est aucunement sponsorisée, et aucune personne de l’association ne reçoit la moindre commission de la part de quelque entreprise que ce soit (et jusqu’à mention du contraire, c’est pareil pour tous les autres articles, mais bon, ça vaut le coup de le rappeler). Les gens qui nous ont proposé le partenariat veulent pouvoir se faire plaisir dans un club avec une bonne qualité de l’air, et c’est, a priori, une motivation suffisante.


    [1] Bon et si vraiment t’as pas compris : quand on nique fort, on respire beaucoup plus et on rejette beaucoup de CO2.

    [2] Ouais, à l’heure où on écrit cet article, on n’a toujours pas de local, on sait, c’est relou.

  • La place de l’alcool dans le club

    La place de l’alcool dans le club

    Trois cocktails colorés alignés sur un comptoir en bois, garnis de menthe, citron vert et fruits.

    « Pourquoi y a des jours avec alcool et des jours sans ? »

    Salut, moi c’est Melchior, et je fais partie des 4 zinzins à l’origine des chaudières. On remercie aussi Julia de gérer Insta, Charly de gérer FetLife, Morgan de gérer la maintenance du site et l’hébergement. Et une récente bénévole, qui nous a soufflé l’idée d’une présence sur Wyylde et Facebook, que l’on commence doucement depuis la fin de le mois de juin 2026. Sinon on est aussi joignables par SMS Telegram et Signal. Alors certes on ne décroche pas le téléphone mais on fait ce qu’il faut pour être accessibles niveau canaux de communication à l’écrit. Donc n’hésitez pas à nous contacter, les lien sont en haut à droite du site.

    Revenons au sujet principal : la picole

    Bref, l’alcool. Alors en fait, si vraiment on part de la base, entre nos pratiques multi partenaires, nos différents kinks, et pratiques BDSM, on est plutôt un groupe enjaillé à l’idée de ne jamais picoler. À titre personnel, je ne bois pas d’alcool. Et en ce qui concerne les autres membres du bureau, ça ne boit « jamais en faisant du cul ». Voici donc les pour et les contre qu’on a pris en compte.

    1. L’alcool, y en a partout !

    Rien qu’à Nantes, selon les métriques, on peut compter entre 170 et 200 bars. (Rien que les bars, on compte même pas les épiceries et les supermarchés !!). Ça donne une des proportions de bars par habitant des plus élevées du pays. Dans ce contexte, ouvrir un énième établissement qui en propose paraît être une plus-value assez réduite. …..

    2. L’alcool, y en a vraiment partout !

    En fait, les lieux sans alcool sont vraiment rares. On est sur une moyenne de 1 bar/restau/point de consommation pour 270 personnes. À titre de comparaison, pour les préservatifs c’est un pour 3000 et pour les sex-shops c’est un pour 100 000 ! ….

    À Nantes, il y a (en 2026) seulement deux échoppes qui proposent des contenus exclusivement non alcoolisés. Conséquences : pour les gens qui ne boivent pas, c’est Super difficile de trouver des espaces de socialisation où refuser de l’alcool est possible sans commentaires ni sans se retrouver face à des rigolos qui forcent de ouf pour te faire picoler ( « hooo, juste ce soir ? Même pas un verre ? Rien du tout ? » etc). Et en fait, quelle que soit la raison pour laquelle tu ne bois pas (sevrage, raisons de santé, religion, pathologie particulière, envie de conduire, tentative de conserver une hygiène de vie, dry january, bébé en cours de téléchargement…) et bien ne pas boire, dans des espaces sociaux, bah c’est parfois COMPLIQUÉ. Alors indépendamment de toute dimension sexuelle ou kinky, et bien y’a moyen que ça plaise à du monde, juste parce que ça permet de vivre un moment tranquille sans avoir besoin de se justifier.

    Maintenant qu’on a écrit ça, ça amène naturellement une autre question qui devient hyper légitime :

    3. Pourquoi proposer quand même de l’alcool certains jours alors ?

    Et bien aussi absurde que ça puisse paraître, on a de vraies raisons de proposer quand même de l’alcool certains jours. À savoir :

    Ce n’est pas en interdisant X que X disparaît.

    Là, y a moyen de remplacer X par n’importe quoi. Ça marche super bien avec l’alcool : on a l’expérience de plus de douze ans (genre 150 mois hein) de prohibition aux États-Unis. Ça a multiplié les problèmes d’alcool au lieu de les résoudre. Alors on est d’accord, le cadre d’un bar et d’un pays entier ce n’est pas la même, on le sait.

    Du coup, des points communs ?

    • Même en interdisant la vente d’alcool au bar, on n’est pas à l’abri que Bidule se pointe en ayant consommé, à l’extérieur. Franchement non merci. À ce niveau, autant cadrer son usage.
    • Si tu vis dans un lieu où il y a un espace fumeur, va y avoir plein de gens qui vont rejoindre les gens qui fument déjà. Ça peut créer des nouveaux fumeurs facilement.
    • Dans ce même lieu il est totalement interdit de fumer sur 100 % de l’endroit (un centre de vacances par exemple) : les gens qui fument vraiment fort vont chercher à tout prix un endroit où fumer, un peu n’importe où.
    • Toujours dans ce même lieu si on a une règle du type « fumer est autorisé mais vous ne pouvez pas être plus que une personne dans l’espace fumeur » ça minimise les occasions sans interdire une pratique.
    • Avoir un bar servant de l’alcool peut permettre de suivre les consommations du public, repérer qui consomme et combien : si une personne souhaite consommer de l’alcool et venir au Club, mieux vaut un verre d’une dose standard avec un degré d’alcool connu, consommé en présence de l’équipe du lieu.

    4. En fait, trop de gens aiment l’alcool.

    Ça a l’air idiot, mais on n’a pas de fonds d’investissement, d’entreprise du CAC40, ou de grosse franchise derrière nous. Et on craint qu’un lieu totalement dépourvu alcool ne fasse pas venir suffisamment de monde pour payer le loyer. On a beau commencer en ayant aucune personne salariée, on a des frais. Et si on réalise qu’on a juste 3 personnes par semaine qui trouvent ça chouette de se payer uniquement des sirops de violette et des Breizh Cola avant d’aller se mettre à l’aise, on préfère l’apprendre d’une manière qui ne nous force pas à baisser le rideau deux mois après notre ouverture.

    Si on constate (et ce sera une joie) que les soirées sans alcool sont aussi rentables que celles avec, alors on ne se fera pas prier pour ouvrir 3 jours par semaine sans alcool et 1 jour avec, plutôt que le contraire.

    Bref, tu veux + de soirées sans alcool ? Viens à celles qui existent et on en proposera davantage !

    PS : cet article a été écrit intégralement au clavier

    PS2 : cet article a été écrit par un humain totalement sobre

    PS3 : très bonne console, y paraît

  • Est-ce que Les Chaudières, c’est pour moi ?

    Est-ce que Les Chaudières, c’est pour moi ?

    des legos de toute les couleurs formant le drapeau LGBTQIA+

    Peut-être que tu viens de tomber sur nous par hasard. Peut-être qu’on t’a été recommandé·e. Peut-être que tu te demandes si un espace comme le nôtre, c’est vraiment fait pour toi. Que tu sois un mec cis* qui se questionne, une personne queer qui hésite, ou quelqu’un qui ne sait pas encore très bien où iel se situe : cet article est pour toi.

    *Une personne est cisgenre quand le genre qu’on lui a attribué à la naissance est le même que celui par lequel elle se définit. Utiliser le mot cisgenre permet de rendre visibles les personnes qui n’entrent pas dans cette catégorie.


    Ce qu’on est

    Les Chaudières, c’est un club associatif créé par des personnes queer et kinky**. Mais surtout, c’est créé par des personnes qui veulent faire communauté. Et la différence entre une communauté et une simple cohabitation, c’est que tout le monde va dans le même sens. On ne se retrouve pas ici juste parce qu’on est pareils. On se retrouve parce qu’on partage les mêmes aspirations : explorer sa sexualité de façon safe***, dans le respect des corps et des envies de chacun·e, et s’émanciper des scripts sexuels qu’on nous a imposés.

    Ces scripts, c’est quoi ? C’est l’hétéronormativité dans ce qu’elle a de plus mécanique : les hommes qui chassent, les femmes qui subissent, les rôles figés, les corps réduits à leurs organes. Ici, on ne cherche pas une femme ou un homme ou une personne trans. On cherche des gens qui ont envie de faire les mêmes choses que nous. Le reste, c’est de la fétichisation. Et si tu cherches « absolument un homme ou absolument une femme » tu n’es peut-être pas au bon endroit.

    ** la sexualité kinky s’exprime à travers des pratiques sexuelles ou des fantasmes qui peuvent être vus comme étant déviants. Le BDSM peut être considéré comme « kinky ».

    *** safe, ici, veut dire : de la façon la plus sécurisée possible avec nos moyens.


    Qui peut venir ?

    Tout le monde. Vraiment. Mais alors, comment ça, « tout le monde » au juste ?

    Quelques définitions utiles :

    Une personne cisgenre (ou cis) est en adéquation avec le genre qui lui a été assigné à la naissance. Une personne transgenre (ou trans) ne l’est pas : son genre ressenti ne correspond pas à ce qu’on lui a assigné à la naissance. Une personne non binaire a un genre qui sort de la vision binaire homme/femme. Le pronom neutre le plus utilisé en français est « iel ».

    Seule la personne concernée peut se définir comme trans, sans autre critère que celui-ci.

    Si je suis un mec, je peux trouver ma place aux Chaudières ?

    Bien sûr ! Voici les cas qui peuvent te parler :

    • Je suis une personne transmasculine, et on me prend pour un mec cis.
    • Je suis encore dans mon œuf, je suis perçu comme un mec cis (même parfois par moi même) : j’explore mon identité et j’ai besoin d’un espace pour le faire.
    • Je suis un mec cis gay et j’en ai marre de la domination masculine même dans des espaces communautaires qui me sont pourtant dédiés.
    • Je suis un mec cis bisexuel ou pansexuel qui ne sent pas bien dans les espaces hétéronormés.
    • Je suis un mec cis hétéro. Et oui ! Bien que tu soit statistiquement moins susceptibles de te retrouver dans nos valeurs, si tu t’y retrouves, tu es le bienvenu. Qui sait ce que tu découvrira en chemin ?

    Ce qui compte ici, c’est surtout ce que l’on veut faire, plutôt que ce que l’on est.


    Comment tout ce petit monde fait communauté ?

    Des règles claires.

    Dès l’inscription, chaque membre remplit un questionnaire qui aborde frontalement les questions de consentement et de respect. C’est un premier filtre : si quelqu’un trouve que c’est trop woke, que c’est trop féministe, que c’est pas son truc, il va probablement s’exclure de lui-même. Et ça nous va très bien. Chacun·e ses espaces, et les clubs « pour monsieur tout le monde » sont déjà nombreux.

    Le consentement qu’on pratique ici est explicite, pas implicite. On demande avant. On respecte les limites. On ne touche pas les gens sans leur accord. On ne rentre pas dans une pièce sans s’assurer que l’on peut. On respecte le système de bracelet s’il est mis en place. [voir notre article qui parle du système de bracelets]

    Et comme tou·tes les membres sont inscrit·es à l’association, n’importe qui peut se faire exclure pour une période plus ou moins longue (voir définitivement) en cas de comportement non conforme. Pas à cause de ce qu’il·elle est. À cause de ce qu’il·elle aura fait.

    Des espaces qui donnent le ton

    Les pièces ont des thèmes : un donjon BDSM, des espaces dédiés à des pratiques spécifiques. Ce n’est pas un hasard. C’est pour remplacer les scénarios hétéronormatifs par quelque chose d’autre : des pratiques choisies, des jeux consentis, des rencontres qui se font davantage sur des envies de pratiques et moins sur des envies de corps.

    Chaque semaine : une soirée sans mecs cis, une soirée sans alcool

    Une fois par semaine, on organise une soirée réservée aux personnes qui ne sont pas des hommes cisgenres. Ce n’est pas une exclusion arbitraire. C’est une nécessité que l’on assume : statistiquement, les comportements problématiques viennent plus souvent de personnes éduquées comme des mecs cis. On ne lutte pas contre les mecs cis, on lutte contre les comportements irrespectueux. Et oui, ça peut passer par des espaces sans eux, de temps en temps. Beaucoup de clubs pour hommes gays refusent carrément l’entrée de toutes les personnes sexisées****, donc bon… aux Chaudières, les hommes Cis peuvent venir la majorité des jours dans la semaine 😉

    De la même façon, on organise une soirée sans alcool. Parce qu’on pense que l’alcool est un problème dans notre société, et que c’est bien d’avoir un espace qui le prend en compte. Si tu comprends pourquoi la soirée sans alcool est une bonne chose même si tu aimes bien boire, tu comprendras probablement pourquoi la soirée sans mecs cis l’est aussi.

    Ces soirées permettent aussi aux personnes queers, qui hésitent à venir, de tremper le doigt de pied dans la piscine, dans un cadre où elles savent que c’est plus sécurisant.

    **** Oui, certains lieux à Nantes sont réservés aux hommes avec un pénis


    Un mot aux mecs cis

    Si tu es un mec cis et que tu lis ça : bienvenue. Vraiment.

    Garde en tête une chose à comprendre avant de venir : tu fais partie d’un groupe dominant. Même si t’es super, même si tu fais des efforts, ce n’est pas une accusation, et ce n’est pas ta faute, c’est un constat. Venir aux Chaudières, c’est choisir de le reconnaître et d’en tenir compte.

    Si tu penses que le féminisme, c’est pour l’égalité, donc pour tout le monde, y compris les hommes : tu es exactement là où il faut. Si tu te questionnes sur le genre, si tu as commencé à remettre en cause des trucs, si tu te demandes ce que ça veut dire « être un homme » dans un espace qui ne reproduit pas les rapports de domination : viens.

    Ce qu’on attend de toi, c’est simple : te glisser dans le cadre qu’on propose, et ne pas imposer le tien. Apprendre autant que partager. Et si tu fais une erreur, l’entendre et être prêt à la corriger.

    Ce que tu ne trouveras pas ici : l’impunité, les règles à géométrie variable, ou le droit de faire ce que tu veux parce que tu as payé ton entrée.

    Ce que tu trouveras : un espace où tout le monde a validé les mêmes règles explicites en mettant un pied dans le lieu… donc un espace où beaucoup de monde peut s’accorder.


    Pour finir

    Les Chaudières, c’est un espace où tout le monde peut venir presque tous les jours d’ouverture. Et un espace qui prend en compte les dominations systémiques. C’est ce qu’on vise à construire ensemble..


  • C’est quoi le mouvement sexpositif ?

    C’est quoi le mouvement sexpositif ?

    Deux paires de jambes nues, peau claire et peau foncée, entrecroisées sur un lit aux draps blancs.

    Tu connais peut-être le libertinage. Le mouvement sexpositif, c’est un autre univers : mêmes envies, autres règles du jeu.
    Et Les Chaudières, c’est un lieu qui se veut justement à la croisée de ces deux mondes.

    Le libertinage : la liberté comme point de départ

    Le libertinage, c’est une forme de sexualité de groupe qui s’est construite en réaction au couple monogame hétéropatriarcal. L’idée : avoir un espace où l’on peut papillonner, où ça ne pose pas de soucis de ne pas être monogame·e, un lieu où l’on peut se libérer le temps d’une soirée.

    Dans un club libertin classique, la logique du lieu fonctionne comme une autorisation implicite. « Si les gens sont là, alors iels* sont d’accord avec tout ce qui se passe ici. On est « libre » : libre de toucher, libre de draguer, libre d’approcher. C’est fait pour ça, non ? »

    Le problème, c’est que cette logique passe à côté de plein d’enjeux, en particulier niveau consentement.

    Imagine une personne timide, qui n’ose pas repousser clairement une avance. Une femme plus âgée, très sûre d’elle, qui pose une main sur l’épaule, caresse une jambe, s’invite dans la conversation en forçant le passage. La personne en face ne sait pas quoi dire. On nous a appris à être gentil·les, à ne pas vexer les étrangers·ères. Alors on reste là, mal à l’aise, sans pouvoir formuler un « non » ou un « laisse-moi tranquille ». Ce n’est pas du consentement. C’est une agression. Une micro-agression, certes, pas de quoi envoyer quelqu’un en prison, mais une agression quand même.

    C’est exactement ce mécanisme que le mouvement sexpositif cherche à démonter.

    *iels : néo pronom personnel, fusion de « ils » + « elles ».


    Le mouvement sexpositif : le consentement c’est écouter avant de toucher

    Le mouvement sexpositif est né du féminisme. Il part d’une volonté d’égalité, d’une volonté de casser les codes hétérosexuels et patriarcaux. Son principe fondamental : ce n’est pas parce que quelqu’un·e est présent·e qu’iel est forcément d’accord avec ce qui se passe.

    Dans ce cadre, le consentement n’est pas implicite. Il est explicite. Pour s’en souvenir, on dit qu’il est RÉELS :

    • R comme Réversible : je peux changer d’avis quand je veux (même quand on a déjà plus de vêtements, même quand on est déjà en plein milieu d’une pratique…).
    • É comme Éclairé : je sais exactement à quoi je dis oui. Si je dis « oui » pour une session de klismaphilie ou de vorarephilie, c’est que je sais ce que c’est. Mais aussi, parce que je sais avec qui je m’engage, à peu près pour combien de temps…
      – Je ne peux pas dire un vrai « oui » si je suis endormi·e, saoul·e ou sous l’emprise de produits.
    • E comme Enthousiaste : un « haaa OUI ! » est un oui. Un silence, un regard détourné, un « j’sais pas », un « bof » ne sont pas des « oui », ce sont des « non » !
    • L comme Libre : personne ne m’oblige. Je ne peux pas dire « non » si dire « non » risque de me causer du tort. Et si je ne peux pas dire « non » ; le « oui » n’est pas fiable.
    • S comme Spécifique : je peux dire oui à certaines choses et non à d’autres, avec certaines personnes et pas d’autres. (« carrément, touche moi partout mais pas cette zone… »

    Ce n’est pas un truc de wokiste ou une théorie délirante. Ça concerne aussi bien les hommes que les femmes ou les minorités de genre : le féminisme, c’est pour tout le monde. Le mouvement sexpositif aussi.

    Et au passage, ce n’est pas juste « un truc de cul ». C’est un mouvement militant et pédagogique, qui cherche à faire de la recherche, de l’éducation, à aider les gens à apprendre à se parler, se toucher, interagir… avec consentement et harmonie.


    « Mais ça va tuer le désir, le spontané ? »

    C’est souvent la première objection qu’on entend.

    Et la réponse est directe : justement, on ne cherche pas le spontané. On cherche le consensuel.

    Il ne s’agit pas de « draguer »*, au sens de chasser. Il s’agit de séduire. Et la séduction, c’est quelque chose qui se fait à deux. C’est une danse continue où chacun·e propose un pas. Ce n’est pas quelque chose qu’on impose.

    Discuter de ce qu’on a envie de faire avant de le faire, c’est des préliminaires qui se passent dans notre imagination. C’est très sexy.

    *Pour l’anecdote, « draguer », ça veut aussi dire « racler le fond » ça donne pas tant envie, hein ?


    Les Chaudières : un lieu qui n’existait pas encore

    Le mouvement sexpositif est un mouvement relativement jeune et militant. Anti patriarcal, souvent anticapitaliste aussi. Et créer un lieu en dur, ça coûte cher. Beaucoup de gens ne sont pas à l’aise avec l’idée de « faire de l’argent » sur la sexualité et la découverte de soi. Du coup, le mouvement existe surtout sous forme d’événements ponctuels. Très peu de lieux permanents existent.

    Des projets émergent, des gens essaient. Mais ça reste rare. Le mouvement sexpositif existe aujourd’hui surtout de façon perlée, au gré de festival ou d’événements privés organisés ici et là.

    Nous avons choisi de créer une association. Parce qu’on veut respecter ce cadre militant, pédagogique, féministe et donner naissance à un lieu où les sexualités alternatives peuvent exister sur le long terme, et accessible sans cooptation.
    Accessoirement, l’argent sert à payer les frais du lieu, pas à faire des bénéfices. Les membres du bureau sont bénévoles. Et a fortiori, tous les gens que vous croiserez aussi. 

    Le vrai changement que ça implique : toute personne membre peut venir passer derrière le bar ou à l’accueil pour aider volontairement. Il va falloir que la communauté soit capable de filer un coup de patte pour que le lieu perdure. C’est un lieu se voulant communautaire, favorisant l’entraide.

    C’est notamment ce qui lui permet d’être moins cher qu’un club classique.


    Comment ça se passe concrètement ?

    Avant même d’entrer, tou·tes les participant·es passent par un questionnaire qui vérifie que les principes du consentement et les règles du lieu ont bien été compris·es.

    Dans le lieu, chaque pièce a un niveau affiché clairement : niveau de nudité (par exemple, de N0 : tenue habillée, à N2: nudité complète autorisée) et niveau de sexualité (par exemple de S0 : espace relationnel, câlins et baisers, à S4: pratiques kink intenses). Ce qui est autorisé dans chaque pièce est clair, visible, non négociable.

    Et pour communiquer son consentement sans avoir à parler : un système visuel à base de port de bracelets :

    • Pas de bracelet = on n’est pas disponible aux échanges, on est là pour voir ce qui se passe.
    • Bracelet couleur 1 = on est là pour papoter.
    • Bracelet couleur 2 = on est ouvert·e aux propositions plus crues.

    Venez apprendre

    Les Chaudières, c’est un lieu à la croisée du BDSM, du libertinage et du mouvement sexpositif. Un lieu qui n’existait pas encore sous cette forme à Nantes.

    Ce que nous proposons, c’est un espace où l’on peut :

    • Découvrir des pratiques dans un environnement où le lieu fourni un cadre ;
    • Apprendre comment mettre en place le consentement explicite en situation réelle ;
    • Rencontrer des personnes partageant les mêmes aspirations ;
    • Profiter d’installations balnéo (sauna, spa, douches) ;
    • Se reposer dans des espaces sans sexualité ;
    • Explorer sa sexualité en groupe dans un cadre beaucoup plus sécurisé

    Si vous venez, vous apprendrez plein de choses sur la sexualité, de groupe ou pas, et sur le consentement.

    Et ça, c’est le plus important.


    Curieux·se d’en savoir plus sur notre fonctionnement ? Lisez aussi notre article sur les munch, les soirées de rencontre sans pratique sexuelle, idéales pour découvrir la communauté en douceur.

  • Pas de place pour le flou : notre politique de filtrage transparente

    Pas de place pour le flou : notre politique de filtrage transparente

    Adieu, arbitraire : comment les Chaudières remplacent les critères subjectifs par des règles claires.

    Une main tendue paume ouverte vers l'objectif, en geste de stop, devant une personne floue.

    Les filtres existants: sélection ou discrimination ?

    Quel est le point commun entre une boîte de nuit, un club « sélect » ; un bar branché, ou un salon privé ? Le filtre à l’entrée ! Dans plusieurs types d’établissements, on ne rentre pas comme dans un moulin. Du coup, le filtre peut être basé sur :

    • L’âge (spoiler : pour rentrer dans le club « Les Chaudières » ; il faudra être majeur, donc oui, on filtre à ce niveau-là)
    • L’apparence : on ne cautionne pas ça, mais dans beaucoup d’endroits, une tenue correcte est exigée ;
    • Le genre : on ne cautionne pas non plus (certains paient très cher, d’autres pas du tout, et d’autres « ça dépend des jours ou de ton état civil ») !

    Donc comment sélectionne à l’entrée ? Parce que ce n’est pas parce qu’on est contre les discriminations que ça doit être la foire à la saucisse ! Pour éviter le gros bazar, on fait le choix de sélectionner sur un critère qui nous semble plus juste ET utile : l’acceptation et la compréhension des règles.

    Vous avez déjà été dans un sauna club, ou sex club, sur le site internet duquel il est écrit « Il y a donc des règles et un code de bonne conduite qu’il vous faut connaître » ? Alors que ces règles ne sont affichées nulle part dans le club ; et qu’elles ne soient pas vérifiées avant l’entrée dans le club ?
    Ou avoir déjà lu « Toute personne, dont le comportement, la tenue, les propos ne correspondraient pas à l’éthique de notre club, se verra interdire l’accès de l’établissement » mais sans jamais que l’éthique ne soit clarifiée ?

    Hé bien nous y voilà, on trouve que c’est problématique parce que :

    • C’est une absence de cadre qui ouvre la porte à tous les dérapages (bidule te met la main au cul sans prévenir, tel mec te suit dans tous tes déplacements comme un stalker*…)
    • C’est aussi la porte ouverte à toutes les discriminations : qui décide si telle tenue est appropriée, trop ou pas assez soignée ? C’est, dans beaucoup d’endroits, une façon de tenir à l’écart une population qui correspond à des critères que la gérance ne peut pas se permettre d’afficher. Parfois, du racisme qui ne dit pas son nom.
    • Ce sont des critères totalement subjectifs.

    Déjà vu sur des publications de certains établissements : « Viens comme tu es, mais viens belle, affirmée, créative et audacieuse. L’élégance n’a pas de forme imposée, mais elle se ressent dès l’entrée. » On a le droit d’être habillée comme on veut, mais en fait, il y a un cadre, mais aucun vêtement n’est ni entièrement interdit ni totalement obligatoire ? Et finalement, quand on arrive sur place, on réalise que la jupe est obligatoire, mais qu’en fait, une fois sur place, ça dépend pour qui ? Bref, il y a un problème de filtrage par niveau social, mais aussi un problème d’honnêteté dans une partie des clubs qui affichent des règles aussi floues.

    Notre politique de filtre : Un questionnaire

    DONC pour rentrer aux Chaudières, il faut répondre à… un questionnaire ! Ce questionnaire serait à compléter :

    • Soit au moment de l’adhésion en présentiel (sur place, avec une feuille A4, à l’ancienne 😉)
    • Soit au moment de l’adhésion, en ligne (sur internet, donc 💻)
    • C’est objectif ; pas soumis au ressenti d’une personne à l’accueil ;
    • ça valide que tu as compris où tu mets les pieds (c’est très rare que les gens se trompent, mais ça arrive !)
    • ça valide que tu as compris à quoi tu t’engages ;
    • Si jamais on doit te reprendre sur ton comportement, ce sera un rappel, pas une découverte où tu seras pris au dépourvu ;
    • Si jamais quelqu’un t’emmerde, presque tout le monde est légitime à intervenir, parce que les règles sont claires ET connus de tous AVANT MÊME l’entrée dans l’établissement.

    Quelques exemples de questions :

    –> Dans le club ; il est possible de se toucher : seul(e) ou à plusieurs) :

    ⊡ Dans toutes les salles, tout le temps, c’est sans prise de tête !
    ⊡ Partout sauf au niveau du bar, où les interactions tactiles sont interdites.

    ⊡ Jamais et nulle part, c’est très select comme endroit, enfin !

    –> Lorsque des personnes me plaisent :

    ⊡ Je peux les suivre partout, c’est pas illégal quand même !
    ⊡ Je peux suivre toutes les personnes qui portent un bracelet à rayures
    ⊡ Je ne tente pas de suivre quelqu’un qui change de pièce sans son accord préalable.
    ⊡ Je n’ai pas le droit de l’aborder


    Et vous, même sans connaître notre règlement officiel, quelles réponses vous semblent logiques au vu de ce qui circule déjà sur nos réseaux ?

  • Ça fait quoi d’être accueilli·e dans un club qui pense vraiment l’accueil ?

    Ça fait quoi d’être accueilli·e dans un club qui pense vraiment l’accueil ?

    Enseigne néon bleue affichant « hello » en lettres cursives, lumineuse sur fond noir.

    L’acceuil

    Dans beaucoup de clubs libertins classiques, ça se passe comme ça :

    Tu arrives.
    On regarde comment tu es habillé·e.
    On vérifie si “le profil correspond”.
    On applique un tarif différent selon ton genre’.
    On te refuse parce que tu ne portes pas de talons.
    Ou parce que ton pantalon n’est pas assez “classe”.

    Tu paies.
    Tu reçois une clé.
    Et débrouille-toi.

    Si tu es trans, non-binaire, timide, stressé·e, novice, alors bonne chance.


    Aux Chaudières, ça commence bien avant la porte.

    Tu n’arrives pas par hasard.

    L’adresse n’est pas publique.
    Pour la connaître, il faut être membre de l’association.

    Et pour être membre, tu remplis un questionnaire en ligne.

    Pas un interrogatoire.
    Pas un entretien humiliant.

    Un questionnaire qui parle de consentement.
    De validisme.
    De transphobie.
    De grossophobie.
    etc…

    Si tu n’es pas à l’aise avec ces sujets, on ne te jette pas.
    On t’envoie des ressources.
    On te propose d’apprendre.
    On te laisse retenter.

    Ici, on préfère la pédagogie à l’exclusion automatique.


    Tu arrives.

    On t’accueille.

    Par une vraie personne.
    Qui prend le temps.

    On vérifie que tu es membre.
    On utilise ton prénom d’usage ou ton pseudo.
    Pas de deadname à l’accueil.

    On ne te demande pas ton genre.
    On ne te demande pas “ce que tu as dans ton pantalon”.
    Tu paies le même tarif que tout le monde.

    Toujours.

    Parce qu’ici, l’égalité n’est pas un slogan.


    On t’explique.

    On te montre le plan.
    Les espaces.
    Les niveaux de nudité.
    Les niveaux de sexualité.

    Où tu peux être nu·e.
    Où tu dois rester habillé·e.
    Où il ne se passe rien de sexuel.

    On te reparle du consentement si c’est ta première fois.

    Tu peux poser toutes les questions.
    Même celles que tu trouves “bêtes”.

    Et si ça fait patienter derrière toi ?
    C’est pas grave.

    On n’est pas là pour faire du chiffre.
    On est là pour faire communauté.


    Tu viens comme tu es.

    Pas de dress code humiliant.
    Pas de talons obligatoires.
    Pas de pantalon noir exigé.

    Tu peux venir en jean.
    Rester habillé·e toute la soirée.
    Être nu·e dans les espaces prévus.
    Ou juste boire un verre.

    Tu peux discuter trois heures au bar.
    Lire un livre.
    Observer.
    Puis repartir.

    Ici, personne ne te pousse à performer.


    Tu es stressé·e ?

    Les bénévoles sont identifiables.
    Prêt·e à t’aider.
    Disponibles.

    Un système de bracelets pourra permettre d’indiquer ton niveau d’ouverture aux interactions, ou pas. Rien n’est obligatoire.

    Tu peux dire non.
    Tu peux changer d’avis.
    Tu peux partir au bout de 20 minutes.


    Et si ça ne va pas ?

    Tu vas voir l’accueil.
    Le bar.
    Une personne référente.

    Il y a un protocole.
    Un vrai.
    Avec affichage, formation, gestion graduée.

    Parce qu’un espace safe ne se décrète pas.
    Il s’organise.


    Aux Chaudières, tu n’es pas un produit.

    Tu es membre.

    Et ici, l’accueil fait partie de l’expérience.


    Et si tu veux en savoir plus, rejoins-nous sur nos réseaux sociaux : https://linktr.ee/leschaudieres

  • Pourquoi pas de « tenue correcte exigée » aux Chaudières ?

    Pourquoi pas de « tenue correcte exigée » aux Chaudières ?

    Paire d'escarpins vernis rose poudré posée parmi des roses pêche, sur fond blanc lumineux.

    Les clubs classiques imposent des tenues pour rentrer

    C’est un sujet qui varie énormément d’un club à l’autre : Tantôt tel club libertin impose une tenue particulièrement guindée, tantôt tel club humide* exige une tenue spécifique, mais uniquement le vendredi, tantôt tel club échangiste propose une entrée libre pour les couples, « à condition que madame porte une jupe », etc.

    *(qui dispose d’une balnéo, par opposition aux « clubs secs » qui n’en proposent pas, comme la plupart des boîtes de nuit)


    Chez Les Chaudières, on n’a pas de tenue particulière imposée ; et ce pour trois, sinon quatre raisons majeures :

    1. On estime que c’est dommage de forcer des gens s’habiller d’une manière hyper sophistiquée alors que l’on propose un établissement dans lequel il est tout à fait autorisé d’être nu(e) une fois passé la porte d’entrée (même si évidemment on adore les tenues complexes, farfelues, hors norme, le latex, les habits étincelants, les paillettes, les froufrous…)
    2. Parce qu’on émet l’hypothèse qu’exiger une tenue particulière est une façon d’ajouter un filtre social, et que notre groupe refuse d’amplifier des inégalités d’accès aux fringues (d’ailleurs, ce filtre n’est jamais explicite : il est facile de se faire refuser ou accepter d’une semaine à l’autre dans le même club avec la même tenue sans raison très valable autre que « les vêtements ça ne va pas »).
    3. C’est un filtre extrêmement genré : les hommes doivent être habillés comme ceci, les femmes comme cela… Et si vous n’êtes ni complètement l’un ou l’autre, « allez-vous faire voir » ? Ces injonctions vestimentaires sont très souvent des discriminations pour les personnes NB/en fluidité de genre. En plus d’être des injonctions avec des doubles standards.
    4. parce que nous avons déjà l’intention de filtrer les entrées (en particulier des nouvelles frimousses) avec un système de règles à consulter en amont de la venue (sous forme de texte ou de vidéo) qui sera complété par un questionnaire à l’inscription.

    Ce système de filtrage demande une forte implication de la part du staff comme de la part des participant(e)s. Nous sommes le premier (et pour l’instant le seul) club à proposer une vérification de la compréhension de la charte à l’entrée, plutôt que de se cacher vers des règles vagues et sujettes à interprétation.

    Jamais les clubs libertins ou échangistes qui prétendent avoir « une entrée très sélective » ne vérifient ne serait-ce que dix secondes que les personnes (bien ou mal habillées) qui se tiennent à l’entrée ont pris connaissance des règles, fussent-elles très bien écrites : elles sont toujours cachées sur un site web, et jamais lues en amont.


    Pour conclure : Non aux filtres sociaux et au délit de faciès ; et oui à la validation des règles de base avant d’entrer !

    Alors autant d’un point de vue comportement et interactions, soyez prêt à vous remettre en question, autant d’un point de vue vestimentaire, plus que jamais : venez comme vous êtes ! (Ou comme vous rêvez de l’être !)

  • C’est quoi un munch ?

    C’est quoi un munch ?

    Personne vue de dos, tête levée, cheveux relevés en banane, portant un collier ras-du-cou en cuir noir.

    On nous pose souvent la question.
    Et c’est normal : quand on ne connaît pas le milieu BDSM, le mot peut sembler mystérieux.

    Un munch, c’est tout simplement un moment, souvent dans un bar, où des personnes de la communauté BDSM se retrouvent pour discuter et faire connaissance.

    Pas de scène.
    Pas de sexualité.
    Pas de jeu.
    Juste des gens autour d’un verre.


    À quoi ressemble un munch, concrètement ?

    En général :

    • 🍻 Ça se passe dans un bar ou un café.
    • 👕 Les gens sont habillés “normalement”.
    • 💬 C’est un espace de discussion libre.

    Il n’y a généralement pas de dress code kinky obligatoire, car on reste dans un lieu public.
    On peut parfois voir un harnais par dessus un t-shirt ou un collier en cuir un peu marqué, mais l’ambiance est avant tout conviviale et détendue.

    Certains munchs sont très informels :

    “On se retrouve à 19h au bar X, venez si ça vous dit.”

    D’autres ont un cadre plus structuré :

    • Présentation des nouvelles personnes,
    • Tour de table,
    • Tables thématiques (“shibari”, “domination/soumission”, “tel kink spécifique”),
    • Discussions autour du consentement ou des événements à venir.

    Mais le cœur reste le même : échanger, apprendre, rencontrer.


    Est-ce que c’est réservé aux “initié·es” de la communauté ?

    Non.
    Et c’est même tout l’inverse.

    Le munch est souvent la porte d’entrée idéale pour :

    • Une personne curieuse,
    • Quelqu’un qui découvre le BDSM,
    • Une personne qui se pose des questions,
    • Ou quelqu’un qui pratique déjà, mais ne connaît personne dans sa région.

    On peut venir seul·e, en couple, entre ami·es.
    On ne vient pas pour draguer.
    On ne vient pas chercher un plan.
    On vient pour discuter.

    Et c’est précieux.


    Pourquoi c’est important de se rencontrer entres personnes pratiquant le BDSM ?

    Parce que le BDSM, ce n’est pas “juste” des pratiques.
    C’est aussi :

    • Du relationnel,
    • Du consentement,
    • De la réflexion,
    • Des valeurs,
    • Des cadres de sécurité.

    Les munchs permettent :

    • De démystifier,
    • De sortir des fantasmes,
    • De rencontrer des personnes très différentes,
    • De voir que la communauté est diverse (corps, âges, handicaps, parcours…).

    Le fait d’être en présentiel change beaucoup de choses par rapport aux réseaux sociaux :

    • Les échanges sont plus nuancés,
    • La modération est plus facile,
    • On humanise les discussions.

    C’est souvent un espace beaucoup plus rassurant qu’un DM sur internet.


    Et la frustration ?

    Elle existe.

    Parce que le munch se déroule dans un lieu public,
    et qu’on ne va évidemment pas imposer du kink ou de la sexualité à d’autres client·es du bar.

    Donc :

    On discute… mais on ne joue pas.

    Certaines communautés ont développé des formats dits “munch & play” :

    • Un temps de discussion,
    • Puis un accès à un lieu adapté pour pratiquer.

    Mais cela demande :

    • Un espace sécurisé,
    • Un cadre clair,
    • Une équipe formée,
    • Une gestion sérieuse du consentement et des risques.

    👉 Et c’est précisément là que nous voulons nous positionner.


    Les Chaudières et les munch & play

    Les Chaudières ont l’ambition d’être un sauna club associatif, mais aussi un lieu ouvert aux pratiques BDSM et kinky.

    Concrètement, nous imaginons :

    • Un espace bar / discussion,
    • Une piste de danse,
    • Des backrooms (salles privées),
    • Un donjon dédié aux pratiques BDSM.

    Notre cadre repose sur :

    • Une charte claire,
    • Une politique de consentement explicite,
    • Une lutte active contre les oppressions,
    • Des niveaux d’espaces définis,
    • Des bénévoles formé·es,
    • Un accès réservé aux membres uniquement.

    Cela permet d’envisager un format munch & play dans de bonnes conditions :

    • Discuter dans un espace convivial,
    • Puis, pour celles et ceux qui le souhaitent et dans le respect du cadre, accéder à des espaces de jeu.

    Nous n’imaginons pas nécessairement organiser nos propres munchs.
    Mais nous sommes déjà en discussion avec des organisateur·ices à Nantes.

    Et nous aimerions aller plus loin.


    Vous organisez un munch à Nantes (ou dans la région) ?

    Que vous soyez à Nantes, Angers, Cholet ou ailleurs :

    Si vous êtes organisateur ou organisatrice d’un munch
    et que vous cherchez un lieu adapté pour proposer un format munch & play,

    👉 Contactez-nous.

    Notre lieu sera accessible uniquement aux membres de l’association.
    Il faudra donc réfléchir ensemble à la bonne formule :

    • Munch ouvert à toustes, play réservé aux membres ?
    • Adhésion ponctuelle ?
    • Événement dédié ?

    Nous voulons construire cela avec la communauté, pas à sa place.


    Envie d’en savoir plus ?

    Le projet est en construction.

    Si ces sujets vous intéressent :

    • Suivez nos réseaux sociaux,
    • Inscrivez-vous à nos actualités,
    • Restez attentif·ve aux prochaines annonces.

    Les Chaudières veulent être un lieu :

    • Pédagogique,
    • Rassurant,
    • Communautaire,
    • Et profondément engagé sur le consentement et la lutte contre les oppressions.

    Les munchs sont un point d’entrée.
    Les espaces de jeu en sont un autre.

    Nous voulons que les deux puissent coexister — dans un cadre clair, safe et réfléchi.

    À très bientôt.

  • Pourquoi un sauna club de plus sur Nantes ?

    Pourquoi un sauna club de plus sur Nantes ?

    Intérieur de spa tamisé en lumière rouge orangée, serviettes roulées et lanternes, couloir de douches au fond.

    Club Libertin ? Sauna Club ? Sex Club ?

    Nombreuses sont les personnes qui pourraient vous confirmer ces états de faits, au sujet des saunas de type « Club libertin » ordinaires :

    • L’entrée est souvent chère pour les hommes cisgenre : ils sont souvent pris pour le dindon de la farce ;
    • L’entrée est souvent gratuite pour les femmes cisgenre : elles sont souvent « le produit d’appel ;
    • L’entrée peut être refusée aux personnes transgenres : et quand bien même elles sont acceptées, ce sont avec des tarifs dont l’origine est parfois un peu mystérieuse ;
    • Dans les clubs dédiés à une clientèle hétérosexuelle : Les hommes seuls sont trop souvent insistants envers les femmes ou perçues comme telles ;
    • Beaucoup de femmes peuvent se sentir pourchassées ou sentir une pression pouvant être pesante dans ces clubs ;
    • Dans les clubs dédiés à une clientèle « gay masculine » : souvent les hommes jeunes sont perçus comme « des proies » ;
    • Aucun club ne propose de journée fixe réservée aux femmes ;
    • Dans l’écrasante majorité des clubs, hétéros comme gays, la prévention contre les VSS ou les agressions est totalement inexistante.

    Si ces constats vous parlent, et que cela ne convient pas pour vous ; alors vous devriez apprécier Les Chaudières !


    Notre vision du club associatif

    👉 Ici, nous œuvrons à créer un club où :

    • Les pratiques libertines, le sauna, le BDSM et la sexualité se mélangent
    • Chaque personne qui rentre dans l’établissement est forcément membre de l’association ;
    • Chaque personne devenant membre doit valider quelques acquis de base au niveau comportemental : cela se traduit par le visionnage d’une vidéo d’une dizaine de minutes, et du remplissage d’un questionnaire d’entrée d’une quinzaine de questions ;
    • Vous pouvez porter un signe distinctif pour signaler l’envie que l’on vienne vous voir, ou au contraire que l’on vous laisse tranquille ;
    • Nous avons une procédure réfléchie pour la prise en charge d’une personne qui agresse ;
    • Une journée fixe par semaine est réservée sans mecs cisgenres !
    • Le prix est non genré donc pas de transphobie et personne n’est perçu comme dindon de la farce, ni comme produit d’appel, ni comme proie.

    🔥 Si tout cela vous parle, nous vous invitons à vous inscrire à la newsletter, vous abonnez à notre instagram ou notre fetlife, pour avoir de nos nouvelles régulièrement.

  • Bienvenue sur le blog des Chaudières!

    Bienvenue sur le blog des Chaudières!

    Morgan, Charly, Julia et Melchior, fondateur·ices de La Grue Rose, posent ensemble en noir et blanc devant un massif végétal.

    Ouverture du blog

    Les Chaudières c’est quoi ? C’est un projet associatif privé qui veut créer, à Nantes, un espace queer et féministe dédié à l’exploration relationnelle, sensuelle et festive, avec une attention très concrète portée à la sécurité, le consentement et le soin du collectif.

    Si on ouvre ce blog, c’est parce qu’on a envie de faire les choses au grand jour (dans la mesure du possible) : expliquer notre démarche, raconter les étapes, partager nos réflexions, et surtout construire une communauté avant même l’ouverture. On ne veut pas juste “annoncer un lieu” : on veut documenter comment on le fabrique, pourquoi on le fabrique, et sur quelles valeurs on s’appuie.

    Notre intention est simple : proposer un cadre où l’on peut vivre des expériences fortes sans se perdre dans le flou. Ici, le consentement n’est pas un slogan : c’est un fonctionnement. Un “non” est respecté, un “stop” est immédiat, et les oppressions n’ont pas leur place.

    On est aussi très content·es d’avoir un blog, parce que ça nous donne un endroit stable pour :

    • poser nos mots (au-delà des stories qui disparaissent),
    • centraliser nos ressources,
    • annoncer les avancées,
    • et partager notre cadre de manière lisible.

    Bref : merci d’être là. Ce blog, c’est notre façon de dire “on arrive”, mais aussi “on vous embarque avec nous”.