Est-ce que Les Chaudières, c’est pour moi ?

des legos de toute les couleurs formant le drapeau LGBTQIA+
Photo by James A. Molnar on Unsplash

Peut-être que tu viens de tomber sur nous par hasard. Peut-être qu’on t’a été recommandé·e. Peut-être que tu te demandes si un espace comme le nôtre, c’est vraiment fait pour toi. Que tu sois un mec cis* qui se questionne, une personne queer qui hésite, ou quelqu’un qui ne sait pas encore très bien où iel se situe : cet article est pour toi.

*Une personne est cisgenre quand le genre qu’on lui a attribué à la naissance est le même que celui par lequel elle se définit. Utiliser le mot cisgenre permet de rendre visibles les personnes qui n’entrent pas dans cette catégorie.


Ce qu’on est

Les Chaudières, c’est un club associatif créé par des personnes queer et kinky**. Mais surtout, c’est créé par des personnes qui veulent faire communauté. Et la différence entre une communauté et une simple cohabitation, c’est que tout le monde va dans le même sens. On ne se retrouve pas ici juste parce qu’on est pareils. On se retrouve parce qu’on partage les mêmes aspirations : explorer sa sexualité de façon safe***, dans le respect des corps et des envies de chacun·e, et s’émanciper des scripts sexuels qu’on nous a imposés.

Ces scripts, c’est quoi ? C’est l’hétéronormativité dans ce qu’elle a de plus mécanique : les hommes qui chassent, les femmes qui subissent, les rôles figés, les corps réduits à leurs organes. Ici, on ne cherche pas une femme ou un homme ou une personne trans. On cherche des gens qui ont envie de faire les mêmes choses que nous. Le reste, c’est de la fétichisation. Et si tu cherches « absolument un homme ou absolument une femme » tu n’es peut-être pas au bon endroit.

** la sexualité kinky s’exprime à travers des pratiques sexuelles ou des fantasmes qui peuvent être vus comme étant déviants. Le BDSM peut être considéré comme « kinky ».

*** safe, ici, veut dire : de la façon la plus sécurisée possible avec nos moyens.


Qui peut venir ?

Tout le monde. Vraiment. Mais alors, comment ça, « tout le monde » au juste ?

Quelques définitions utiles :

Une personne cisgenre (ou cis) est en adéquation avec le genre qui lui a été assigné à la naissance. Une personne transgenre (ou trans) ne l’est pas : son genre ressenti ne correspond pas à ce qu’on lui a assigné à la naissance. Une personne non binaire a un genre qui sort de la vision binaire homme/femme. Le pronom neutre le plus utilisé en français est « iel ».

Seule la personne concernée peut se définir comme trans, sans autre critère que celui-ci.

Si je suis un mec, je peux trouver ma place aux Chaudières ?

Bien sûr ! Voici les cas qui peuvent te parler :

  • Je suis une personne transmasculine, et on me prend pour un mec cis.
  • Je suis encore dans mon œuf, je suis perçu comme un mec cis (même parfois par moi même) : j’explore mon identité et j’ai besoin d’un espace pour le faire.
  • Je suis un mec cis gay et j’en ai marre de la domination masculine même dans des espaces communautaires qui me sont pourtant dédiés.
  • Je suis un mec cis bisexuel ou pansexuel qui ne sent pas bien dans les espaces hétéronormés.
  • Je suis un mec cis hétéro. Et oui ! Bien que tu soit statistiquement moins susceptibles de te retrouver dans nos valeurs, si tu t’y retrouves, tu es le bienvenu. Qui sait ce que tu découvrira en chemin ?

Ce qui compte ici, c’est surtout ce que l’on veut faire, plutôt que ce que l’on est.


Comment tout ce petit monde fait communauté ?

Des règles claires.

Dès l’inscription, chaque membre remplit un questionnaire qui aborde frontalement les questions de consentement et de respect. C’est un premier filtre : si quelqu’un trouve que c’est trop woke, que c’est trop féministe, que c’est pas son truc, il va probablement s’exclure de lui-même. Et ça nous va très bien. Chacun·e ses espaces, et les clubs « pour monsieur tout le monde » sont déjà nombreux.

Le consentement qu’on pratique ici est explicite, pas implicite. On demande avant. On respecte les limites. On ne touche pas les gens sans leur accord. On ne rentre pas dans une pièce sans s’assurer que l’on peut. On respecte le système de bracelet s’il est mis en place. [voir notre article qui parle du système de bracelets]

Et comme tou·tes les membres sont inscrit·es à l’association, n’importe qui peut se faire exclure pour une période plus ou moins longue (voir définitivement) en cas de comportement non conforme. Pas à cause de ce qu’il·elle est. À cause de ce qu’il·elle aura fait.

Des espaces qui donnent le ton

Les pièces ont des thèmes : un donjon BDSM, des espaces dédiés à des pratiques spécifiques. Ce n’est pas un hasard. C’est pour remplacer les scénarios hétéronormatifs par quelque chose d’autre : des pratiques choisies, des jeux consentis, des rencontres qui se font davantage sur des envies de pratiques et moins sur des envies de corps.

Chaque semaine : une soirée sans mecs cis, une soirée sans alcool

Une fois par semaine, on organise une soirée réservée aux personnes qui ne sont pas des hommes cisgenres. Ce n’est pas une exclusion arbitraire. C’est une nécessité que l’on assume : statistiquement, les comportements problématiques viennent plus souvent de personnes éduquées comme des mecs cis. On ne lutte pas contre les mecs cis, on lutte contre les comportements irrespectueux. Et oui, ça peut passer par des espaces sans eux, de temps en temps. Beaucoup de clubs pour hommes gays refusent carrément l’entrée de toutes les personnes sexisées****, donc bon… aux Chaudières, les hommes Cis peuvent venir la majorité des jours dans la semaine 😉

De la même façon, on organise une soirée sans alcool. Parce qu’on pense que l’alcool est un problème dans notre société, et que c’est bien d’avoir un espace qui le prend en compte. Si tu comprends pourquoi la soirée sans alcool est une bonne chose même si tu aimes bien boire, tu comprendras probablement pourquoi la soirée sans mecs cis l’est aussi.

Ces soirées permettent aussi aux personnes queers, qui hésitent à venir, de tremper le doigt de pied dans la piscine, dans un cadre où elles savent que c’est plus sécurisant.

**** Oui, certains lieux à Nantes sont réservés aux hommes avec un pénis


Un mot aux mecs cis

Si tu es un mec cis et que tu lis ça : bienvenue. Vraiment.

Garde en tête une chose à comprendre avant de venir : tu fais partie d’un groupe dominant. Même si t’es super, même si tu fais des efforts, ce n’est pas une accusation, et ce n’est pas ta faute, c’est un constat. Venir aux Chaudières, c’est choisir de le reconnaître et d’en tenir compte.

Si tu penses que le féminisme, c’est pour l’égalité, donc pour tout le monde, y compris les hommes : tu es exactement là où il faut. Si tu te questionnes sur le genre, si tu as commencé à remettre en cause des trucs, si tu te demandes ce que ça veut dire « être un homme » dans un espace qui ne reproduit pas les rapports de domination : viens.

Ce qu’on attend de toi, c’est simple : te glisser dans le cadre qu’on propose, et ne pas imposer le tien. Apprendre autant que partager. Et si tu fais une erreur, l’entendre et être prêt à la corriger.

Ce que tu ne trouveras pas ici : l’impunité, les règles à géométrie variable, ou le droit de faire ce que tu veux parce que tu as payé ton entrée.

Ce que tu trouveras : un espace où tout le monde a validé les mêmes règles explicites en mettant un pied dans le lieu… donc un espace où beaucoup de monde peut s’accorder.


Pour finir

Les Chaudières, c’est un espace où tout le monde peut venir presque tous les jours d’ouverture. Et un espace qui prend en compte les dominations systémiques. C’est ce qu’on vise à construire ensemble..


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